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 La Mégaloplaine.

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Alex Stoneheart
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Dégoût obsessionnel, Malaise mental

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MessageSujet: La Mégaloplaine.   Mer 15 Sep - 0:10

[ http://hypnose.hypeforum.net/passe-de-l-envol-f31/en-route-vers-techyo-2-t583.htm ]

Alex avait englouti sa moitié de sandwich avant même de se demander ce qu'il y avait dedans. Après réflexion, le jeune homme détecta ce qui devait être une sorte de poulet accompagné d'une feuille de salade sur laquelle trônait certainement quelques morceaux de beurre. Il n'eut cependant pas le temps de pousser son raffinement culinaire plus loin : Henri les priait déjà de remonter en voiture s'ils ne voulaient pas finir engloutis par les véritables pinces maratimes qui les menaçaient maintenant de chaque côté de la Passe. Après un nouvelle partie de Tetris pour monter dans le véhicule, le groupe repartit en direction de la Mécanoplaine dans un silence d'or ; du moins jusqu'à ce que Jade décide d'en apprendre d'avantage sur Techyo. Lorsque Rosa répondit de son ton guilleret, le psychotique ouvrit grand les oreilles : non seulement les voitures volantes étaient monnaie courante à Techyo, mais en plus de cela les habitants de cette ville high-tech se déplaçaient en téléporteurs.

Possédaient-ils tous une pierre bleutée identique à celle de la femme qu'il avait rencontré à Elipse ? Ou alors se plaçaient-ils tout simplement dans un cercle de lumière pour réapparaître immédiatement à l'autre bout de la ville ? Un autre élement de la description faite par la mère retînt son attention : La tour de l'Avarice. Melena avait également réagit à cet étrange monument en le comparant à ceux d'autres villes de Dreamland. Etait-ce la coutume du monde des rêves que de bâtir une tour dans chaque ville ? Il n'osa pas demander d'avantage de détails, mais retînt tout de même qu'il n'était "pas bien prudent de s’en approcher". Pourquoi, il ne le savait pas, mais il comptait bien obtenir plus d'informations de la part des adolescentes lors de leur séparation avec la famille.

La question timide que posa ensuite la nécrophobe indigna Alex, lequel s'était fait tapé sur les doigts lorsqu'il s'était présenté en temps que voyageur. Quel imprudence de la part de l'ilandaise ! Il lui jeta un regard alarmé, mais le mal était fait, il ne restait plus qu'à espérer que la famille n'allait pas mal réagir. A la réponse de Rosa, Alex soupira de soulagement ; elle avait vaguement répondu que les voyageurs n'était pas véritablement mal vus, mais cela ne l'empêchait pas de penser que Melena avait été imprudente, ce qu'il n'oublierait pas de lui faire remarquer plus tard.

Lysander s'écroula subitement sur la vitre du véhicule, comme assomé par la fatigue de ces derniers jours et Alex se dit qu'il devrait profiter du trajet en voiture pour dormir lui aussi. Qui sait s'il en aura l'occasion à la prochaine nuit qu'il passera à Dreamland, et le dégoûté chronique se laissa entraîner dans le sommeil à son tour tout en prenant soin de caler sa nuque dans son dossier pour éviter tout risque de quiproquo avec Melena.

Ce furent les quatres bras métalliques sortant de l'engin qui le réveillèrent ; ils étaient arrivés. La nuit était tombé pendant le sommeil d'Alex, plongeant le groupe dans un semi-obscurité. Rosa s'excusa de ne pas pouvoir les emmener plus loin mais fut bien vite coupée par un Lysander reconnaissant ; Alex était de l'avis du doyen et adressa un sourire démesuré à la charmante famille qui les avait tant aidé... avant d'arrêter son regard sur le visage de la petite July. Cette gamine lui inspirait tant de candeur et de joie de vivre qu'il en fut presque troublé. Il ne la connaissait pas, mais il sut qu'elle allait lui manquer sans pour autant pouvoir expliquer pourquoi. Après un dernier remerciement aux allures d'au revoir, les voyageurs regardèrent le pavé volant avaler ses pattes avant qu'il ne parte à toute vitesse en direction de l'ouest.

Voilà, ils se retrouvaient à nouveau seuls et sans moyen de locomotion - avec le froid du nord de Dreamland en bonus -, ce qui n'était pas pour plaire à Alex qui scrutait maintenant la Mécanoplaine d'un oeil curieux : c'était une plaine, certes, un plaine aride et déserte comme beaucoup d'autres mais certains détails pouvaient cependant attirer l'oeil, comme cet immense trou circulaire dans le sol, à un petite centaine de mètres des voyageurs. En effet, un trou d'environ trentes mètres de diamètre sur dix de profondeur s'étalait là, comme si "quelque chose" avait explosé à cette endroit. Le jeune homme se tourna vers ses compagnons :

"Heum, ça....c'est quoi à votre avis ? La plaine entière est minée ou alors des météorites viennent se ficher là de temps en temps ?" demanda-t-il d'un air pas si ironique que ça.
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Jade Martins
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mer 15 Sep - 13:04

La réponse de Rosa était si enthousiaste que Jade ne put s’empêcher de sourire sincèrement malgré sous malaise intérieur. Etant donné la description que la mère en faisait, Techyo était digne des meilleurs films de science fiction et plus encore. Tous les rêves scientifiques les plus fous de l’humanité devaient y être concentrés et vu ce dont étaient capables de rêver les gens ça devait réellement être impressionnant. Par contre le fait d’y trouver une tour n’était pas pour réjouir Jade qui avec ses maigres connaissances savait juste que les tours étaient tout sauf dirigées par des gens accueillants. Quant à leurs utilisations… celle de Freedoom était bien une prison non ? L’un des premiers journaux sur lesquels elle était tombée le disait en tout cas, alors pourquoi celui-ci ne servirait pas de laboratoire de recherche ? Peut-être même que celui de Frank Einstein s’y trouvait…

L’adolescente se mordit la lèvre sous l’effet d’une bouffée d’angoisse. Si jamais c’était le cas elle n’était pas sure d’avoir le courage d’y entrer pour récupérer Elie. Ou plutôt elle était persuadée qu’elle ne l’aurait jamais. Ce n’était probablement qu’une idée en l’air mais maintenant qu’elle avait semé le doute dans sa caboche elle n’arrivait pas à penser à autre chose mais heureusement Melena prit la parole à son tour, détournant l’attention de la douce Rosa. Elle… voulait voir la tour ?! Mais à quoi pouvait-elle bien penser bon sang ! L’aperçu qu’elles avaient eu d’Asmodée et la menace de Leviathan qui pesait au dessus de leurs têtes ne lui suffisait donc pas ? La dernière chose dont-elles avaient besoin était de rencontrer un nouveau gardien qui, comme les autres, se ferait une joie d’en faire ses marionnettes. Merci bien mais Jade passait son tour, et plutôt deux fois qu’une.

Mais à l’écoute de la réponse de leur bienfaitrice la bonne jumelle se calma légèrement. Alors celle-ci était humaine ? Juste une… une nana pleine aux as. Logique dans un sens, ne parlait-on pas de la tour de l’avarice ? Savoir que l’ennemi potentiel était aussi faible et mortel qu’eux avait un aspect rassurant : au moins face à une femme armée on sait comment réagir, alors que s’il s’agissait de vampire, monstre ou mort-vivant… Les mains de Jade qui jusqu’alors tremblaient de manière incontrôlée s’immobilisèrent alors que les battements de son cœur retrouvaient un rythme normal. Juste une humaine, dieu merci.

Ainsi calmée elle s’apprêtait à poser une nouvelle question mais son amie lui coupa l’herbe sous le pied, et pas de la meilleure des façons. Sa question était si peu prudente, si hors contexte que Jade manqua de s’étouffer en avalant sa salive de travers. Mettre le sujet des voyageurs sur le tapis sans véritable entrée en matière c’était presque comme tendre une carte de visite avec leur provenance marquée dessus. Jay donna un discret coup de coude dans les côtes de Melena tout en lui jetant un regard plus qu’explicite alors que Rosa lâcha avec un naturel déconcertant une réponse plutôt rassurante. Alors comme ça à Techyo les voyageurs ne se cachaient pas ? Sachant que la moitié d’elle-même était enfermée là bas dans un labyrinthe et servait de cobaye n’était pas pour confirmer ces paroles mais Jay fini par se dire qu’ils devaient avoir des lois particulières pour ce genre de cas. Après tout elle ne connaissait même pas toute l’étendue des lois du monde réel alors en ce qui concernait celles de DL toutes les hypothèses étaient permises.

Ce ne fut que par miracle que la famille ne découvrit rien tant la pirouette de rattrapage de sa camarade était peu convaincante. L’adolescente finit par s’affaisser sur son siège, sous l’effet du contre coup du stress. Tout ça allait finir par la tuer, un miracle qu’elle n’ait pas encore fait de crise cardiaque malgré son jeune âge. Maintenant que le silence était retombé elle se laissa aller contre la vitre pour regarder le paysage monotone défiler à une vitesse folle. Elle ne savait pas à combien ils roulaient… enfin avançaient… mais une chose était sûre : c’était bien au dessus des limitations de vitesse du monde réel. Elle n’avait jamais vraiment eu peur en voiture mais la vitesse était si conséquente qu’elle préféra fermer les yeux pour refreiner les images d’accidents qui lui venaient instinctivement et avant d’avoir pu se rendre compte de rien elle dormait déjà. Elle passa le reste de la journée ainsi, plongée dans un sommeil sans rêves et ne s’en extirpa que lorsque le véhicule s’arrêta sans douceur.

L’esprit encore embrumé Jade se redressa et jeta un regard autour d’elle. Les montagnes étaient déjà derrière eux, tout comme la forêt qui la jouxtait. Elle entendit Rosa s’excuser de ne pouvoir les emmener plus loin mais elle avait déjà fait plus que n’importe qui depuis qu’elle avait posé un pied dans ce monde il y a plus d’un mois de cela. Elle aurait voulu lui dire qu’ils étaient merveilleux, qu’elle ne pourrait jamais assez leur dire merci et qu’elle ne les oublierait jamais. Elle aurait aimer les prendre dans ses bras et les serrer contre elle, mémoriser à jamais leur visage, leur demander leurs coordonnées pour pouvoir dans quelques temps leur rendre la pareille. Mais… elle n’y arriva pas. Jay se contenta de descendre de la voiture les yeux un peu trop brillants après avoir récupéré leur sac et bredouillé un « merci » timide.

Dehors la mécanoplaine s’étendait à l’horizon, aride et balayée par un vent glacial qui faisait courber l’échine des rares arbres qui avaient osé planter leurs racines ici. Décharnés et dépourvus de feuilles ils tendaient leurs branches tordus vers le ciel nocturne, donnant au paysage un aspect lugubre. Une fois la petite famille partie ils se retrouvèrent seuls et le poids de cette solitude était si écrasant que Jade ne put s’empêcher d’aller se blottir contre Melena. Leur vêtements n’étaient pas fait pour des régions aussi froides et la chaire de poule commençait déjà à envahir les membres amaigris de la bonne jumelle qui resserra un peu plus son étreinte pour profiter de la chaleur de son amie. C’était comme ça que faisaient les pingouins sur la banquise non ? Ils se serraient tous pour profiter de la chaleur des uns et des autres, en conservant le maximum. Ca aurait probablement été plus efficace en conviant Alex et Lysander mais Jay ne se sentait pas encore assez à l’aise avec eux pour se permettre de se lancer dans un câlin collectif. Heureusement le dégoûté chronique la détourna de ces préoccupations pour souligner un aspect du paysage qu’elle n’avait pas encore remarqué.

En effet une sorte d’immense cratère creusait la plaine non loin sur leur droite. S’il avait raison et que le sol était miné la bonne jumelle savait bien qu’elle n’oserait plus faire un pas, et pour l’angoisser un peu plus une explosion eut soudain lieu à une dizaine de kilomètres de là. Depuis leur position ils avaient l’impression d’assister à une mini explosion atomique. La brunette se mit à trembler de plus belle, la peur s’ajoutant au froid.

- Je… je sais pas. A Elipse la lune avait pleuré des météorites, du coup y’avait des cratères partout mais je pense pas que ce soit la même chose…

L’adolescente jeta un coup d’œil inquiet à une lune aujourd’hui complètement banale. Oui, c’était forcément autre chose. Toujours agrippée à l’irlandaise elle s’approcha légèrement du trou qui défigurait la plaine et sortit sa lampe de poche pour en éclairer le centre. Le faisceau ne découvrit rien mis à part des fragments de métaux tordus, vieux boulons et restes de matériel informatique calciné. C’était trop profond et trop gros pour avoir été une mine antipersonnelle, Jade tabla donc plutôt sur une expérience ratée qui avait eu une fin plutôt explosive. Quant à savoir si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle c’était une autre histoire…

- C’est pas une bombe non plus non ? On dirait plutôt… les restes d’un robot.

Elle balaya les alentours avec sa lampe torche pour constater que la ferraille en tout genre jonchait le sol, même en dehors du cratère.

- Y’en a vraiment partout… souffla-t-elle, les sourcils froncés.
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Melena Autumn
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mer 15 Sep - 15:13

Après sa question maladroite sur les voyageurs, Melena s’était affaissée sur l’épaule de son amie, puis s’était laissée bercée par la somnolence pendant un temps qui lui parut interminable. Elle n’arrivait décidément pas à dormir, et parfois, la voix de l’un des enfants la tirait de son demi-sommeil juste le temps qu’elle entrouvre ses yeux gris avant de sombrer de nouveau dans un entre-deux désagréable. Malgré cela, elle avait l’impression de ne pas pouvoir fixer d’information dans sa mémoire, et lorsqu’enfin le véhicule volant fit halte dans la mécanoplaine, elle aurait juré que l’éternité qu’il lui avait paru attendre se résumait à une poignée de secondes.

Les adieux furent brefs et pourtant, un inexplicable sentiment de mélancolie envahissait déjà le cœur de l’adolescente. Elle adressa un sourire gêné à la famille plus que généreuse, puis ne put qu’agiter la main en les remerciant une dernière fois avant que la voiture volante ne file à une vitesse prodigieuse. Il faisait nuit, et à la lueur de la lune, le paysage lugubre de la plaine n’engageait rien de bon. Une bourrasque glaciale balaya le petit groupe de voyageur, et bien que plus habituée aux températures basses que son amie étasunienne, Melena ne fut pas mécontente que la psychotique se jette dans ses bras pour pallier à la chair de poule par sa chaleur corporelle. Celle-ci ne vit pas la teinte rouge que prirent ses joues devant ce contact, s’abandonnant quelques instants à l’étreinte réconfortante de son amie, puis ce fut Alex qui mit fin à ce moment de complicité en soulignant la présence d’un énorme cratère à une centaine de mètres. Un frisson descendit la colonne vertébrale de la nécrophobe qui se refusait intérieurement à traverser la plaine s’il y avait le moindre risque qu’elle soit amenée à exploser avec une mine ; et sa réticence ne fut que renforcée par l’explosion qui retentit au loin, comme une mini bombe atomique qui jouait les préludes de ce qui pourrait leur arriver à eux aussi.

L’irlandaise n’eut pas le temps de protester car Jade l’entrainait avec elle jusqu’au cratère pour en balayer le centre du faisceau lumineux de sa torche, tristement faible en comparaison à l’immensité sombre et froide qui les entourait. Sans quitter l’étreinte chaude de son amie, Melena sortit sa torche de sa poche d’une main pour se joindre à l’activité de sondage des lieux. Certains cadrans électroniques clignotaient encore faiblement, comme si la machine qui avait rendu l’âme s’obstinait à vouloir fonctionner malgré tout au milieu de cette mare de bouts de ferraille et de boulons calcinés.

- Vraiment partout ouai. Acquiesça la nécrophobe avec une moue dédaigneuse.

Elle ne savait pas trop quoi penser de cet endroit. Que ce soit une zone minée ou un terrain de test pour expériences futuristes, cela restait un lieu hautement dangereux, et perdre la vie dans une plaine glaciale jonchée de morceaux de métal ruinés n’avait au grand jamais fait partie de la liste des perspectives d’avenir de la jeune fille. Elle aurait adoré pouvoir proposer à ses camarades un autre itinéraire, mais malheureusement, quand on est dans leur situation, il n’y a pas de voie bis et il faut composer avec ce qu’il y a.

Détaillant le cratère avec plus d’intérêt, l’irlandaise aperçut plusieurs cubes de ferraille qui n’avait rien de naturels, comme si quelqu’un – ou quelque chose – les avait passé dans un compresseur pour leur donner cette forme géométrique.

- Tiens… regardez, vous ne trouvez pas ça étrange ?!

Elle sillonna parmi les bouts de métal avec sa lampe torche, avant que son faisceau n’éclaire quelque chose de différent. Il y avait un tissu blanc déchiré imbibé d’une substance rouge sombre, surmonté par une sorte de boule couverte par une espèce de pilosité poisseuse. De part et d’autres, deux longues tiges distordues étaient enveloppées de ce même linceul blanc souillé, et quand Melena éclaira enfin ce qui ressemblait à s’y méprendre à une main dont il manquait un doigt, elle sursauta et fit tomber sa torche qui roula vers l’intérieur du cratère jusqu’à buter à mi-chemin contre un bloc métallique encastré dans le sol aride. Elle frissonnait violemment, les tremblements qui ébranlaient ses mains si incontrôlables qu’elle dût s’écarter afin de les ramener contre sa poitrine pour les contenir ; murmurant si bas que seule la psychotique qui était toujours à ses cotés put l’entendre :

- Non… un… je ne veux pas mourir. Je ne veux… pas…

Elle ferma les yeux un instant, luttant contre le froid qui s’insinuait à l’intérieur de ses membres pour la paralyser, puis entreprit de descendre récupérer sa lampe. Ça irait, ça n’était qu’à quelques mètres. Ensuite elle aurait largement mérité l’embrassade qu’elle mourrait d’envie d’avoir avec la psychotique pour se rassurer. A chacun de ses pas prudent, l’irlandaise marquait une pause en scrutant les alentours, son cœur battant à tout rompre, mais finalement, rien ne jaillit pour l’assassiner et elle put récupérer sa lampe avec un soupir de soulagement. Elle allait commencer à remonter quand une autre explosion retentit à plusieurs kilomètres de là, suffisamment loin pour ne pas menacer les voyageurs, mais suffisamment proche pour faire sursauter la nécrophobe qui trébucha sur le bloc de métal qui avait arrêté sa torche avant de dévaler le reste de la pente jusqu’à heurté un gros cube couleur terre qu’elle n’avait pas aperçut pendant son inspection des lieux. Par chance, aucun des morceaux de ferraille qui jonchait les lieux ne s’était planté dans sa chair, mais la douleur de sa cote qui se faisait oublier depuis quelques temps s’était réveillée à son plus grand damne. Alors qu’elle se relevait en grognant pour faire signe qu’elle n’avait rien, le mauvais pressentiment qui tracassait l’adolescente depuis qu’elle avait posé un pied dans la plaine lugubre s’intensifia.

Dans son dos, le cube couina dans un gazouillis informatique, puis en jaillit deux grands yeux, des chenilles, et des bras munis de deux doigts et un pouce couverts d’une teinte rouge écaillée. Le robot lui rappelait vaguement un film qu’elle avait vu dans le monde réel, mais ça n’était pas ce qui allait la rassurer. La jeune fille qui avait fait volte face s’éloignait lentement à reculons alors que la machine qui la scrutait de ses grands verres oculaires s’ébrouait en murmurant plusieurs phrases dont le volume allait crescendo.

Spoiler:
 

- Recycler. Recyler. Métal usé, recycler. Débris, recycler. Recycler. Erreurs… erreurs, recycler. Pollution, recycler. Humains…

Il s’arrêta là. Depuis l’espace entre ses yeux, un faisceau lumineux rouge jaillit soudainement pour sonder Melena de la tête au pied à la manière d’un scanner. Immédiatement après, le robot s’ébranla violemment sur lui-même, laissant même échapper quelques bruits de soupapes miniatures, puis une trappe s’ouvrit dans son dos pour rejeter un cube qui luisait étrangement d’une substance pourpre à la lumière de la torche de l’irlandaise. Lorsqu’elle aperçut dans la bouillie compacte quelque chose qui ressemblait à un doigt de pied, ses yeux s’écarquillèrent et un hurlement de terreur mourut dans sa gorge. Pâle comme un linge, les tremblements de ses membres amenuisaient à une lenteur d’escargot ses mouvements de fuite et brutalement, les yeux de la machine virèrent au rouge scintillant.

- Humaine, erreur ! Humaine polluée ! Recycler ! Recycler ! Recycler !

Les bras du robot détraqué s’étaient allongés jusqu’à attraper la voyageuse par les bras pour l’attirer à lui. La trappe de son « ventre » s’ouvrit, manifestant une envie d’y faire entrer Melena de force, quitte à ce que certains morceaux restent à l’extérieur. Dans le cerveau noyé par la peur de la nécrophobe, les connexions se faisaient à une vitesse folle, réactivant ses capacités motrices alors qu’elle parvenait enfin à hurler. Mais la poigne de la machine était supérieure à sa force d’adolescente affaiblie et au fur et à mesure que sa résistance s’effritait, son pouvoir se déclenchait pour la réduire à une charogne sans défense. C’était le début d’une très longue minute…


Dernière édition par Melena Autumn le Mer 15 Sep - 17:47, édité 1 fois
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Jade Martins
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mer 15 Sep - 15:56

[Désolé mais ayant le forfait « sauvetage Melenien » j’ai pas pu m’empêcher de répondre de suite kof kof]

Le faisceau de la lampe de l’irlandaise s’était joint au sien, faibles rayons de lumière dans l’immensité sombre du cratère. Enlacées elle observait les alentours un poids sur le cœur et la découverte de Melena ne fut que renforcer l’angoisse face à l’inconnu qui grandissait dans la poitrine de Jade. Juste des petits cubes gris, de la ferraille compactée… sauf qu’avec l’explosion tout aurait dû être en pièces. La chose qui avait fait ça était donc passée après et vu le nombre de déchets qu’il restait de tous côtés elle n’avait pas fini son boulot. La bonne jumelle aurait mis sa main à couper qu’elle était encore dans le coin, tapie dans l’ombre, et espérait avec ferveur qu’elle soit plus fonctionnelle que la machine qui avait explosé là, ou celle qui venait de causer la déflagration au loin. Et bien sûr… son espoir fut déçu.

Il ne fallut pas longtemps pour qu’une main arrachée soit éclairée, causant un sursaut simultané de la part des deux donzelles. Mais si Jade garda une main bien ferme sur sa torche ce ne fut pas le cas de sa camarade dont la lampe tomba au sol, entrainée par la pente. Entre ses tremblements et ceux de la nécrophobe Jay avait l’impression de se trouver dans un shaker. Elle se sentait si mal et déstabilisée qu’elle n’arriva pas à répondre quoi que ce soit aux inquiétudes de Mel’, ne réussissant qu’à resserrer son étreinte au point d’en avoir mal aux bras. Après un temps de latence sa camarade se détacha d’elle, la laissant seul pour partir à la poursuivre d’une stupide torche malgré les horreurs qu’elles avaient vu au fond du cratère. Elle était folle ou quoi ?!

- Mais ! A… attends !

Jade resta un moment figée, droite comme un « i » avec les yeux écarquillés de terreur. Elle tentait de se calmer mais elle avait un mal fou à contrôler les battements de son cœur et sentait le malaise venir… jusqu’à ce qu’enfin le mode origine s’active. Oh bien sûr elle était toujours terrifiée mais la force de combattre ces angoisses était revenue, elle se mit donc à dévaler la pente à la suite de Melena en laissa les garçons en haut, ne s’arrêtant que lorsque le rayon de la lampe de son amie éclaira… wall-e ? Ou du moins quelque chose approchant grandement le héros d’un film des studios Disney, avec le petit côté dreamlandien qui s’imposait, consistant cette fois en des propos passablement incohérents et… oui, menaçants. La machine avait visiblement un pet au casque, et cette constatation suffit à convaincre Jade de se saisir de sa batte de base ball de sa main libre.

Le scannage de l’irlandaise lui tira une grimace, ça sentait mauvais, très mauvais. D’ailleurs ce pressentiment était bon car quelques secondes supplémentaires suffirent pour que le robot relâche un cube de chairs sanguinolentes. Un violent haut-le-cœur secoua la bonne jumelle qui dégobilla aussitôt, les yeux révulsés. Elle le savait ! C’était forcé ! Pourquoi est-ce que la chance serait resté de leur côté, franchement ?!

Mais pas le temps de s’étendre en théories fumeuses sur le destin, même pas le temps de vomir tranquille. Lorsque la brunette releva les yeux ce fut pour voir les bras de la machine s’étendre pour se saisir d’une Melena qui commençait déjà à se transformer au charogne. A croire que son pouvoir avait été créé spécialement pour faciliter la tâche des robots recycleurs mabouls. Sans chercher à réfléchir Jay se jeta en avant, dévalant le reste de pente qui la séparait du duo en manqua plusieurs fois de s’écrouler à cause de la terre qui partait par plaques sous ses pieds. Tout en courant à perdre haleine elle voyait au ralenti la scène, son amie se rapprochant inexorablement de cette ouvertures malsaines aux parois couvertes de sang. Un hurlement inarticulé s’échappa de ses lèvres sans qu’elle s’en rende compte alors qu’elle franchissait les deux derniers mètres.

Une fois arrivée son premier geste fut de donner un coup de batte dans le corps du robot mais bien sûr sans résultat. Cette partie du corps avait été particulièrement renforcée et elle aurait pu s’acharner jusqu’à l’aube pour ne réussir qu’à bosseler la surface. Le visage crispé par la peur et l’effort Jade se décida à sauter sur le dos du tas de boulons et, après un moment de réflexion brandit son arme pour l’abattre sur les yeux de leur ennemi.

- LÂCHE LA ! LÂCHE LA JE T’AI DIT !

Un coup bien placé fit exploser l’un des yeux, plus fragiles que le reste de la machine, mais une secousse l’envoya bouler dans la poussière. Elle avait écopé de belles écorchures dans l’opération mais se jeta tout de même une nouvelle fois en avant, serrant les dents. Elle réussit cette fois ci à atteindre l’un des bras en provoquant un craquement sonore et aussitôt l’un des côtés de Melena fut libéré alors que la machine déblatérait sans fin menaces de recyclage en tout genre. L’espace d’un instant il sembla à la bonne jumelle que les yeux de sa camarade avaient cligné, elle s’époumona donc à son intention :

- Réveille toi bon sang ! Tu vas pas mourir sauf si tu continues à jouer au cadavres comme ça ! Bouge toi !
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Melena Autumn
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Jeu 16 Sep - 0:55

Prisonnière de son enveloppe de cadavre, Melena s’était mollement affaissée sur le sol jonché de débris, et le robot recycleur endommagé devait désormais la trainer pour l’amener jusqu’à sa trappe qui n’attendait que de l'avaler. La jeune fille ne voyait rien d’autre que la trainée de terre aride foulée par son visage blême, et après quelques secondes qui lui apparurent comme une éternité, un bruit de choc métal contre métal l’aurait fait sursauté si elle avait eut la maitrise de son corps. Il n’y avait rien à faire, elle ne s’habituait pas vraiment à cette sensation de mort glaciale qui l’envahissait chaque fois que son pouvoir se déclenchait, et elle se débattait intérieurement dans l’espoir de pouvoir enfin remuer, chaque instant supplémentaire d’immobilité la conduisant vers une mort certaine qui faisait son esprit suffoquer de terreur.

Ce fut le cri de guerre de Jade qui lui indiqua que son amie avait pris les armes pour la défendre, et un second choc produisant une petite explosion qui projeta sur le sol une gerbe d’étincelle fit la machine stopper sa besogne un moment. Cette hésitation lui fut fatale, car la psychotique assenait bientôt un coup sur son bras droit assez fort pour en briser l’articulation qui se détacha de moitié, rendant inopérante l’une de ses mains qui relâcha aussitôt son étreinte sur la nécrophobe. Celle-ci dût patienter quelques instants encore, durant laquelle le recycleur se décidait enfin à recommencer à l’attirer à lui, puis elle sentit la chaleur de son organisme se réveiller à nouveau tandis que ses yeux clignèrent en reprenant leur couleur habituelle.

La complainte de l’américaine à son intention achevait de lui faire reprendre conscience, et désormais qu’elle n’était plus qu’à quelques centimètres du gouffre compresseur, Melena se remit debout comme elle put pour faire face à la machine borgne dont la lentille rouge tournoyait avec frénésie. Elle avait écopé de quelques égratignures en se faisant trainer sur le sol pollué de ferraille, sans compter sa côte qui la lançait douloureusement, mais elle avait vu pire. Rassemblant son courage, elle essaya d’abord d’opposer sa force à celle du robot en se détourna à demi pour que ce soit ses jambes qui exécutent la traction. Mais la machine tenait bon, sa ritournelle démente montant jusqu’à devenir suraiguë alors qu’il actionnait légèrement ses chenilles pour se rapprocher de sa victime qui ne pouvait pas l’ébranler d’un centimètre.

L’irlandaise croyait que son épaule allait se déchirer. Sa main libre cherchant en vain une prise dans la terre effritée et froide finit par agripper un enchevêtrement de tiges de métal aux bouts calcinés et dans un élan de rage apeurée, elle fit volte face pour frapper de toutes ses forces l’œil restant du wall-e endommagé. Celui-ci fit un quart de tour sur son support en grésillant, s’éteignit, et bien que sa voix mécanique descendait de l’aigu à un grave déformé qui donnait la chair de poule, il ne semblait pas encore hors combat. Malgré tout, le choc avait causé l’ouverture de ses doigts et Melena s’était si brutalement vue libre qu’elle était tombée en arrière, passablement étourdie, l’épaule gauche brûlante. Elle se remit sur pieds pour se rapprocher de Jade avec l’intention de fuir avec elle, mais voilà qu’en haut du pan de cratère qu’elles remontaient en hâte, un énorme véhicule fit son apparition dans un grondement de moteur.

C’était une sorte de gros camion poubelle monté sur des roues qui faisait la moitié de la taille de la nécrophobe et d’une épaisseur impressionnante. A la base de la benne, plusieurs longs bras métalliques rétractiles armés chacun de quatre doigts s’affairait déjà à ramasser les cubes de ferraille qui trainaient ça et là ; et au dessus, une sorte de canon se tournait lentement vers les deux adolescentes. Ou du moins c’est ce qu’elles crurent, ce qui induit un bond de coté de la part de Melena. Mais en réalité, le faisceau scanner vert qui jaillit d’un point de l’avant du véhicule fut consacré au wall-e criminel. Une voix féminine informatisée s’éleva alors, monocorde et effrayante dans la nuit vide et froide de la mécanoplaine.

« Recycleur #7652298-SG4 endommagé. Mise hors service immédiate. Envoie d’unités de substitution. »

Aussitôt, le canon envoya une sorte de décharge électromagnétique qui cloua sur place la pauvre machine qui grésilla une dernière fois en susurrant sa ritournelle de recyclage avant de s’éteindre totalement. Pendant un bref instant de répit perturbé seulement par le bruit des bras métalliques chargeant les cubes d’acier, l’irlandaise se permit un petit soupir de soulagement pour aider son cœur à reprendre un rythme normal. Mais lorsqu’elle vit jaillir dans le cratère trois nouveaux robots semblables à celui qui avait tenté de la tuer, même si manifestement, ceux-ci fonctionnaient très bien, elle ne prit pas la peine de demander son reste et saisit la main de son amie pour l’entrainer vers l’endroit où se trouvaient Alex et Lysander. De là, ils pouvaient s’apercevoir que les machines n’avaient plus que faire de leur présence, et donc que toute forme immédiate de danger semblait écartée.

Le souffle court, sa côte effroyablement douloureuse, Melena baissa les yeux sur ses sandales en rougissant, puis sans prévenir, sauta dans les bras de Jade pour l’étreindre fortement. Le visage enfouit dans la chevelure de l’américaine, elle lui murmura dans le creux de l’oreille :

- Merci… merci encore de… de faire attention à moi. Je suis désolé. Ma phobie est vraiment… nulle.

Une larme roula sur sa joue, synonyme de son soulagement de s’en être tirée vivante, puis elle s’écarta pour s’inspecter. Ses quelques égratignures n’étaient pas graves, mais le devant de sa jupe avait été déchiré sur une bonne cinquantaine de centimètres. L’adolescente poussa un soupir agacé avant de regarder dans sa poche que tout était bien là.
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Lysander Reander
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Cryptomanie chronique

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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Ven 17 Sep - 17:22

Passe de l'envol Arrow

C'est avec le coeur serré que le cryptologue regarda partir le pavé volant. Mine de rien, on se sentait beaucoup plus en sécurité dans une masse de métal qu'en pagne de feuille au milieu d'un forêt peuplée de monstres hideux et d'indigènes drogués aux aphrodisiaques ... D'autant plus que le soleil venait de finir sa course et seul un demi-cercle ténu de lumière orangée illuminait encore le ciel rose foncé. La lune était déjà levé, et essayait tant bien que mal de compenser la lumière éclatante de l'astre diurne, sans succès. Les au revoir avec la petite famille ne furent pas long après le discours de Lysander. Tout avait été dit et seuls des "au revoir" et des signes de la main pouvait encore être faits.
Quand le véhicule disparut dans l'ombre du crépuscule, Lysander examina plus attentivement son environnement. Aussi loin qu'il pouvait voir dans la direction opposée aux Monts Ferrailles, c'était une plaine déserte, qui ne présentait rien d'original ... si ce n'était un grand cratère à proximité du groupe. Ils se rapprochèrent lentement, le cryptologue en profita pour noter des débris tout autour de lui. La question d'Alex, qui aurait faire rire Lysander en d'autre circonstances, paraissait tout à fait sensée dans ce monde totalement délirant. Le doyen s'apprêtait à ériger des hypothèses, mais une explosion au loin étouffa ses paroles dans l'œuf. Lysander sentit une sensation d'angoisse germer en lui. L'explosion qui venait d'avoir lieu ne ressemblait pas à une petite gerbe de flammes comme celles d'une grenade, mais plutôt à une bombe de plus grande envergure, qui avait d'ailleurs engendré un petit champignon atomique - bien que l'explosion ne semblait pas nucléaire. Il se demanda si le cratère qu'il avait devant lui avait la même origine, espérant une réponse négative, car un oui signifierait que ces explosions étaient destinées à se reproduire ... Lysander remarqua que les deux membres féminins de son groupe étaient effrayées et méfiantes. Il nota une explication possible au désastre du San Francisco de Dreamland : la lune aurait "pleuré" des météorite sur la ville, nommé Elipse. Jetant un regard au ciel, il rejeta l'hypothèse d'une récidive, de tout évidence l'explosion trouvait une origine mécanique, à en juger par les débris environnants.

Un grésillement surpris Lysander dans le dos, le faisant se retourner vivement. Il ne distingua pas grand-chose, si ce n'est une forme vague dans le noir. Prudemment, le cryptologue se rapprocha, mais la forme disparut avant qu'il n'aie de le temps de voir de quoi il s'agissait. Vérifiant derrière lui qu'il ne s'était pas trop éloigné, Lysander scruta une fois de plus les alentours. Il remarqua un objet ou sol, assez plat, qu'il alla ramasser. Il s'agissait d'un morceau de métal, qui semblait provenir d'une plaque métallique de plus grande dimension, probablement un élément de l'objet explosé dans le cratère. Il remarqua un texte écrit en petit dessus : "Propriété de la Société d'Anti-Sécurité Xplosive Nobel". C'est alors que le grésillement repris et fit sursauter le quadragénaire. Il resta immobile, à l'affut de ce qui pouvait provoquer ce bruit. Soudain, sortant de nul part, il se retrouva face à une machine cubique, montée sur chenilles, avec deux bras et ce qui devait servir de tête. Les deux protagonistes se jaugèrent, puis un laser sortit d'entre les deux lentilles qui servaient d'yeux et parcouru le cryptomaniaque de haut en bas.


"Bzzz ... Humain, humain. Ne pas recycler ! Ne pas recycler ! Débris détecté, débris. Recycler débris."

Sans que Lysander n'ait le temps de réagir, le robot arracha la plaque métallique de ses mains, ouvrit une trappe dans son corps brun et y enfourna l'objet. Ensuite, la machine fit fonctionner ses deux chenilles dans des directions opposées pour se retourner, et s'enfonça dans l'obscurité nocturne avant de disparaître totalement, laissant un Lysander perplexe ...
Puis un cri retentit dans la nuit, suivit de bruit de métaux s'entrechoquant. Le cryptologue regarda d'où venait le bruit, et remarqua que Jade et Melena avaient disparut de devant le cratère. Il accourut aussitôt au bord de l'énorme trou et regarda en contrebas. Un robot semblable à celui qu'il venait de rencontrer agrippaient la nécrophobe et essayait de la placer dans son corps creux, tandis que Jade, installée sur la machine brandissait une batte de base ball en métal. Il remarqua que la pauvre Melena ne bougeait plus du tout, elle semblait morte ... Il s'apprêtait à voler à leur rescousse, mais un objet percuta sa jambe gauche à vive allure. Il regarda autour de lui et fit un petit objet métallique monté sur une roue filer à travers la plaine. Le mini robot émit un bruit strident, puis explosa en une gerbe d'étincelles et de morceaux de métal avec un petit "PAF" de pétard. Un autre bruit suraigu près de lui le fit regarder vers la droite et il découvrit avec horreur une autre de ces machine à une roue fonçant vers lui. Il se leva en urgence et se jeta sur le côté, juste à tant pour éviter l'explosion de la machine, pile là où il était l'instant précédent. Sur le qui-vive, il regarda autour de lui, mais plus de machine explosive. Se rappelant les deux adolescentes qui se battaient contre un robot de recyclage vraisemblablement défectueux, il se retourna vers le cratère, et vit une sorte de gros camion tirer sur la machine coupable et la rendant totalement inutilisable. Il voulut les appeler, mais il entendit, pour la troisième fois, un bruit très aigu non-loin de lui. Deux robots-kamikazes fonçaient sur lui, un des deux explosa assez lui pour ne pas blesser qui que ce soit, mais le second arriva devant le cryptologue. D'un coup de pied magistral, il envoya la machine une dizaine de mètres plus loin où elle explosa.

Quand les deux adolescentes arrivèrent au niveau de Lysander, celui-ci leur déclara :


"Faites attention ! Je viens d'être attaqué par des robots munis de bombes à retardement. Je ne sais pas s'il y en a d'autre, mais je crois qu'il vaudrait mieux aller plus loin."

À peine avait-il prononcé sa dernière phrase qu'un robot - assez semblable à ceux qui avaient tentés de le tuer, mais munis de trois roues cette fois-ci - s'approcha du groupe. Lysander s'apprêtait à fuir, mais la machine se contenta de sortir un haut-parleur de son corps métallique.

"Félicitation, lança le robot d'une voix monocorde, vous, NOM DU SUJET, avait réussit le premier test du Centre de Tests Nobel. Le test numéro deux commencera dans trente minutes à partir de la fin de ce message. Bonne chance ... Ce robots-messager s'autodétruira dans 5 ... 4 ... 3 ..."

La réaction de Lysander fut instantanée.

"Reculez ! Vite ! cria-t-il"
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Alex Stoneheart
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Dégoût obsessionnel, Malaise mental

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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Ven 17 Sep - 23:44

La remarque d'Alex en avait angoissé plus d'un, et lui-même n'était pas vraiment rassuré : la perspective qu'une mine ou autre machine du même genre pouvait exploser à tout moment n'était pas pour arranger le tableau apocalyptique qui s'étendait sous leur yeux et l'explosion qui eut lieu à quelques kilomètres des voyageurs semblait vouloir souligner ses pensées. Où s'étaient-ils encore fourrés ? Jade répondit malgré tout au jeune homme en évoquant la Nuit Sanglante qui avait eut lieu peu avant son arrivée. Des météorites ? C'était donc ça qui avait dévasté la ville d'Elipse ? Le fait qu'elles aient pu être "pleurées" par la Lune intrigua Alex, mais il n'eut pas le temps d'obtenir plus de détails que déjà les deux adolescentes étaient au bord de l'étrange cratère, scrutant le fond de celui-ci avec leurs lampe-torches. Il avança jusqu'à s'arrêter juste derrière elles, profitant de leur lumière pour découvrir la ferraille qui jonchait le trou ainsi que ses alentours. Toute sorte de matériel informatique était étalée là, de la vis rouillée au cadran numérique qui clignotait encore dans un dernier élan d'énergie. Une explosion avait eu lieu, c'était certain, mais quelle sorte d'engin avait pu se démanteler de la sorte en formant un cratère de ce diamètre ? Le curieux s'extirpa de ses pensée pour répondre à la remarque de Melena :

"Quoi donc ? Cette feraille comme... tassée sur elle-même, là ? J'imagine que c'est dû à l'explosion, quoi d'autre pourrait compacter tous ces... Wow !"

Le dégoûté obsessionnel avait été brutalement coupé par la vue de cette main à quatre doigts qui gisait parmi les décombres. Un haut-le-coeur lui vînt, et son teînt blanchit instantanément ; c'était au-delà de ses tolérances mentales que de voir un bout de cadavre apparaître au beau milieu d'un enchevêtrement de ferraille, lequel n'en devenait que plus menaçant. Melena semblait également avoir été choquée puisqu'elle laissa tomber sa torche dans un sursaut avant d'entamer une descente pour la récupérer. *Dans le genre imprudent, elle est douée, ça c'est sûr...* songea Alex alors qu'il s'approchait pour anticiper une éventuelle chute de la part de la nécrophobe, laquelle se débrouilla finalement sans lui pour brandir sa torche avant de faire demi-tour. Mais une explosion choisit ce moment pour se faire entendre au loin, faisant sursauter une seconde fois Melena qui finit par chuter pour finir sa course contre un énorme cube qui s'était fiché dans le sol, à quelques mètres du centre du cratère. Elle se releva bien vite mais ne semblait pas en si bon état qu'elle osait le prétendre, et fut immédiatement stoppée dans son ascension par un bruit provenant du cube. A la manière d'un Transformer, celui-ci prit vie et les voyageurs purent découvrir un véritable petit robot qui ressemblait étrangement à...

"Wall-E ??"

Alex était devenu dingue, c'était certain. Il avait en face de lui la copie conforme du célèbre robot du monde réel. Même après s'être frotté les yeux pour se convaincre de la véracité de la chose, il voyait toujours aussi nettement ce robot qui débitait maintenant des paroles monotones et incompréhensibles. Puis, quand il comprit que c'était Melena que le robot voulait reycler, le dégoûté obsessionnel sentit une vague d'appréhension le parcourir de la tête au pied : cette région n'était finalement pas moins dangereuse que la forêt de la passe de l'envol. Mais quand il voulut s'avancer dans le cratère pour apporter son aide à une Jade étonnamment courageuse, son pied resta collé au sol.

"Qu'est-ce que...!"

Après un regard vers le dit-pied, il découvrit une substance verte relativement gluante qui le reliait au sol, comme s'il avait marché dans un énorme chewing-gum. Il réessaya en vain de décoller son pied, puis tira de toutes ses forces sur sa jambe et, dans un dernier effort, réussit à se détacher du chewing-gum géant ; ce qui lui valut de s'étaler par terre tellement son pied avait pris de l'élan. à côté de lui, la sorte de flubber n'avait pas apprécié d'être à ce point brusquée, et commença et prendre une étrange forme... d'araignée. En effet, la pâte verte avait pris des allures de robot tout en se métamorphosant en une coque de métal surmonté de quatre pattes qui semblaient faites de matériel informatique.

Spoiler:
 

Le jeune homme n'eut pas le temps de se demander comment une telle transformation pouvait être possible que déjà le robot faisait jaillir de sa minuscule tête des filaments de flubber qui vînrent se ficher dans les poignets d'Alex, les maintenant au sol et paralysant ainsi le pauvre homme ; lequel ne comprenait rien à ce qui lui arrivait tellement les événements s'enchaînaient.

Du coin de l'oeil, il aperçut Lysander faire connaissance avec un second Wall-E. Il voulut crier, l'alerter, lui demander de l'aide ; mais rien ne vînt. Ses cris se bloquaient dans sa gorge tellement la peur l'étreignait. L'araignée-robot montait maintenant sur son torse. Même en battant des jambes, Alex n'avait aucun moyen de se défendre : il était piégé. Il avait bien essayé de se défaire de ses liens mais le flubber ne voulait pas lâcher ses poignets.

Puis, le jeune américain découvrit le véritable danger : lentement, comme si elle prenait un malin plaisir à jouer avec ses nerfs, l'araignée fit sortir de l'arrière de son corps une tige de métal flexible, comme une sorte de queue, ou de...dard. La tige se terminait effectivement en une fine pointe à la manière d'une seringue et Alex devina que ce n'était pas bon signe ; vraiment pas bon signe. Le robot s'était arrêté à quelques centimètres de son visage et sursautait maintenant au rythme de son coeur qui s'était emballé jusqu'à atteindre une fréquence cardiaque impressionnante. *Si je ne meurs pas d'une crise, ce robot va me piquer pour m'injecter je ne sais quoi dans le visage.* Le garçon ne savait quelle mort choisir.

Un son suraigu sortit alors de l'araignée tandis qu'elle préparait son dard à se planter dans la chair de sa victime. Un son vraiment très très aigu....si aigu que... "Aaargh !!" Alex n'en pouvait plus, cet ultrason qui s'infiltrait dans sa tête le neutralisait et des flashs commencèrent à faire leur entrée dans son esprit ; c'était au delà du supportable. L'intérieur de sa tête le torturait et il était comme possédé par le crissement qui semblait sortir des parois de son crâne. Il ferma les yeux de douleur... Mais tout à coup, tout devînt calme. Plus d'ultrason, plus d'image défilant devant lui. Il se risqua à ouvrir un oeil, puis deux avant de découvrir le dard menaçant à quelques millimètres de son front, stoppé dans sa course par le robot qui semblait comme neutralisé. Après quelques secondes qui semblèrent des heures, le robot tomba sur le côté et la pâte verte qui paralysait Alex se liquidifia jusqu'à s'écouler sur le sol, libérant ainsi ses poignets.

Alex soupira de soulagement. Il n'avait pas tout compris à ce qu'il venait de se passer, mais il s'en fichait. Il était vivant. Le miraculé s'agenouilla malgré les douleurs dûes à sa chute et reprit son souffle ainsi qu'un rythme cardiaque raisonnable. Son pouvoir l'avait sauvé, il le savait. Son pouvoir de dégoûté obsessionnel lui avait été utile pour la première fois, et quel soulagement ! Devant lui et à travers l'obscurité, il pouvait apercevoir Melena donner un coup de grâce à son propre robot et bien vite un camion sortit de nul part pour remplacer la machine défectueuse. Le groupe s'était ensuite bien vite réuni, et chaque voyageur semblait plus choqué que l'autre. Quand un dernier robot arriva vers eux, Alex était sur le point de s'enfuir à toute jambe mais l'annonce que celui-ci avait à donner l'intrigua assez pour qu'il reste sur place : Un test ? Tout ça n'avait été qu'un test ? Le jeune homme n'eut pas le temps d'y refléchir car le mot "autodétruire" se fit entendre : Il fallait prendre ses jambes à son cou !

Si Lysander et Alex avaient réagi au quart de tour, il n'en fut pas de même pour les deux adolescentes qui semblaient bien trop abasourdie pour répondre à l'appel du doyen. Sans penser à la folie de son geste, Le dégoûté chronique s'arrêta dans son élan pour revenir prendre les jeunes femmes par la main, puis déguerpit dans le sens opposé, les entraînant dans sa fuite. Melena et Jade finirent par courirent avec les hommes, mais les quatres voyageurs furent très vite propulsés par le souffle de l'explosion qui se fit entendre quelques mètres derrière. Certes, ce n'était pas une mini-bombe comme celle qui avait engendré le cratère de trentes mètres, mais le robot autodestructeur avait été suffisament puissant pour mettre à terre les quatres compagnons qui suffocaient maintenant dans la poussière de la plaine.


Dernière édition par Alex Stoneheart le Sam 18 Sep - 15:21, édité 1 fois
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Jade Martins
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Sam 18 Sep - 0:23

C’était véritablement le chaos. Trop occupées avec leur wall-e nouvelle version totalement psychotique les deux donzelles n’avaient même pas eu l’occasion de comprendre que la situation tournait au chaos le plus total. Entre les robots recycleurs fonctionnant, ceux ne fonctionnant pas, l’araignée gélatineuse et toutes ces histoires de test étrange Jay ne savait plus ou donner de la tête. Tout ce qu’elle savait c’est que son amie revenait enfin à elle, que les écorchures un peu partout sur son corps lui faisait un mal de chien mais surtout qu’elle était terrifiée. Le goût acide de la bile encore en bouche elle se sentait indéniablement mal mais se raccrochait de toutes ses forces à son courage temporairement rendu et à défaut d’autre chose… à sa batte de base ball. Elle aurait bien fait plus dans ce combat homme contre machine mais son corps ne semblait plus répondre correctement. Fatigue, lassitude, état second… impossible de savoir pourquoi mais elle en resta tout de même figée le temps que Mel’ en termine avec la parodie de terminator en herbe. Peut-être n’était ce simplement que le contre coup du soulagement d’avoir vu sa camarade revivre à temps pour ne pas finir en apéricube pour cannibale.

C’est seulement une fois l’irlandaise collée contre elle que la bonne jumelle se réveilla, s’ébrouant comme un chat mouillé avant de suivre précipitamment la nécrophobe hors du cratère. Sauf que bien sûr les choses n’étaient jamais aussi simple…

En effet un camion pleins de clône de leur agresseur venait de débarqué mais passé le premier instant de surprise horrifiée Jay constata avec soulagement que ceux-ci marchaient correctement et venaient seulement réparer le premier. Son amie ne sembla pas partager son bonheur car elle agrippa sa main précipitamment pour l’entrainer loin d’eux, droit vers les endroits où Alex et Lysander se battaient chacun respectivement contre leurs démons. Avant même d’avoir atteint leurs compagnons voilà que Melena se lançait dans une nouvelle séquence émotion qui cette fois ci était assez mal placée. C’était touchant bien sûr, mais c’était loin d’être le moment de se lancer dans de longues embrassades et autres démonstrations mélodramatiques, d’ailleurs elle le lui aurait bien signalé si Ander ne leur avait pas brusquement hurlé de reculer et qu’Alex, prenant les devants, ne leur avait pas bondit dessus pour les tirer par la main en manquant de les envoyer bouler.

D’ailleurs malgré tous les efforts du dégoûté chronique ils eurent tous le loisir de manger la poussière, écopant au passage de nombreuses écorchures. Jay toussa pour cracher la terre qui s’était insinuée dans sa bouche, à moitié relevée sur les coudes. Elle avait l’impression désagréable qu’un maçon zélé lui avait plâtré la gorge, et la poussière levée par l’explosion du robot menaçait grandement de mettre ses yeux dans un état tout aussi pitoyable. Elle finit par se relever tant bien que mal en crachotant, une main protégeant ses yeux avant de s’exclamer en suffoquant :

- Mais c’est quoi cette… merde à la f…fin ! On se croirait d… dans un mau…vais film de scien…science fiction !

Ces deux seules phrases lui avaient fait avalé un bon sac de poussière, fait bien suffisant pour la dissuader de continuer. Les yeux plissés elle examina d’un œil critique ses blessures superficielles avant de soupirer… et de repartir dans une quinte de toux. Il fallait vraiment se tirer de là avant que leurs poumons ne supportent plus ce traitement. L’adolescente attrapa donc deux mains au hasard pour aider ses compagnons à se relever et une fois qu’elle fut sure qu’ils se soient tous levés elle se mit en quête de s’éloigner vers un air plus frais et, pourquoi pas, une zone sans robot mabouls ou explosifs. Enfin, à condition qu’un tel endroit existe dans la mécanoplaine.

Une seule chose était claire : elle n’allait pas rester 30 minutes pour connaitre le prochain test dément de cette compagnie. Forte de cette motivation, Jade prit la tête de la marche, pressant le pas tout en continuant à cracher ses poumons jusqu’à enfin réussir à voir à plus d’un mètre devant elle. A la lueur de la lune on ne voyait pas grand-chose à l’horizon mise à part un paysage lunaire et hérissé de ferraille. En cherchant bien elle fini par discerner dans l’ombre d’une crevasse ce qui ressemblait à s’y méprendre à un bâtiment jouxté d’une sorte de panneau lumineux clignotant. Bien sûr d’ici ils ne pouvaient pas lire grand-chose mais s’il y avait de la lumière il y avait de la vie, raison bien suffisante pour choisir de prendre cette direction.

Ils marchèrent un moment en silence, les poumons encore trop irrités pour s’amuser à discourir sur leur charmante petite expérience, et ils ne le rompirent qu’une fois arrivés devant ce fameux panneau. On aurait dit une réplique holographique de ceux qu’on plaçait à l’entrée des villes pour souhaiter la bienvenue, mais du message d’accueil il n’en restait plus que la moitié, grésillant, le reste étant définitivement éteint. L’espoir de Jade retomba aussitôt, ses yeux découvrant avec déception ce qu’était cette « ville ». Plus qu’un amas de bicoques futuristes abandonnées, les vitres brisées et les portes claquant au vent dans une mélopée sinistre. Le lierre ou toute autre plante envahissante recouvrait chaque parcelle accessible, buvant l’humidité des murs jusqu’à ce qu’ils soient si friables qu’ils n’aient d’autre option que de s’écrouler. Des véhicules du même type que ceux de la famille étaient abandonnés de ci de là, parfois en travers même de la route…

Une ville fantôme en somme. Silencieuse, sinistre, tout sauf accueillante.

- Je… Sextus c’était peut-être pas si mal, en fait, murmura Jade le visage grave.
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Melena Autumn
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Sam 18 Sep - 1:54

Encore sous le choc de l’émotion, Melena n’avait pas vu que d’autres dangers leurs rôdaient autour et que malheureusement, le recycleur détraqué n’était pas la seule menace de l’instant. Elle ne réalisait pas l’appel à s’enfuir de Lysander, et ce fut finalement la main d’Alex sur la sienne qui la tira de son étreinte pour l’entrainer à sa suite, avant qu’un bruit d’explosion retentisse. Balayée par l’onde de choc, l’adolescente fut propulsée en avant et quand elle retomba lourdement au sol, sa côte émit un craquement inquiétant qui l’aurait fait hurler si la poussière n’avait pas envahit sa gorge. La douleur de sa toux était telle que son corps entier était paralysé, pendant un temps qui lui parut interminable, puis elle parvint lentement à se relever lorsque Jade agrippa l’une de ses mains pour l’entrainer avec elle.

Sa vue brouillée autant par l’écho du choc qui résonnait encore dans ses membres et que la souffrance qui irradiait sa poitrine, elle avançait au radar, suivant en titubant l’ombre de ses compagnons, sa gorge en feu laissant échapper quelques râles inintelligibles. Si seulement elle avait put soigner sa côte cassée, elle récupérerait la vitalité qu’il lui manquait pour assurer le voyage jusqu’au bout, car ajoutée aux égratignures dont elle avait écopé, son corps meurtri ne la porterait certainement pas à Techyo ; et l’idée qu’elle puisse finir par mourir était si terrifiante et si oppressante que son cœur battait assez fort pour réveiller d’intense pic de douleur à chaque coup.

Parvenue à la ville abandonnée, la nécrophobe n’avait marqué qu’un bref arrêt, juste histoire d’évaluer l’allure lugubre et dévasté des lieux, puis elle s’était remit en marche sans attendre personne. Sans doute trouvait-elle dans l’effort de mettre un pied devant l’autre une occupation, une distraction qui diminuait de manière infime sa souffrance et lui permettait d’oublier les pas de la mort qu’elle croyait entendre résonner dans les siens. Sans savoir ce qu’elle cherchait, sans doute rien à part traverser l’agglomération morte en direction des feux artificiels de l’horizon, l’irlandaise avançait machinalement, une main sur sa poitrine dans l’espoir de retrouver une rythme de respiration normale. La douleur était telle qu’en plus de la poussière qui tapissait ses conduits nasaux, elle suffoquait de plus en plus et menaçait de s’écrouler en tournant de l’œil.

Il y avait des boutiques aux articles pillés, des épiceries dont les étalages moisis depuis des années noircissaient jusqu’au plafond, des jouets brisés jonchant les rues, des débris de voitures et autres véhicules explosés, des restes de robots… tout ce décor triste d’une ville futuriste réduite à un abandon lugubre était effrayant, glauque, et sans doute était-ce la première fois que Melena se sentait aussi mal. Elle avait connu les décombres d’Elipse, la rudesse du Slavedog Millionnaire, la moisissure du Sans-nom, l’ombre des cages à esclaves, la chaleur brûlante de l’arène de Sextus et la poigne oppressante de la forêt qui la jouxtait mais… comme une boite à musique détraquée qui ne savait jouer qu’un requiem, son esprit lui lançait « tu vas mourir, ça y est, tu vas mourir. »
Elle sombrait dans un état second.

Il fallut qu’une odeur pestilentielle lui inonde les narines pour qu’elle se réveille de sa sombre transe machinale. L’avait-on appelé depuis tout ce temps qu’elle progressait parmi les décombres ? Quelqu’un avait-il dit quelque chose ? Il lui était impossible de s’en rappeler. Peut-être même ses camarades l'avaient égarée en route. Sa douleur brûlante et le manque d’oxygène dû à sa suffocation inhibaient ses capacités mentales, et sa mémoire immédiate n’arrivait plus à rien enregistrer.
Elle baissa les yeux.

Non loin, sur la route, un cadavre gisait dans une posture d’homme qui avait été abattu, une blouse blanche imbibée des suintements de sa chair putréfiée. Il devait être là depuis au moins une semaine, pas plus de deux au vue du peu de diptères qui voletaient autour. L’adolescente aurait dût avoir peur. D'ailleurs, en réalité, la peur dévorait ses entrailles de l’intérieur à la manière d’un ténia irascible ; mais elle poursuivit sa marche jusqu’à tomber à genoux devant le corps, blanche comme une craie, secouée de frissons. Sa première réaction devant l’odeur insupportable fut de vomir, penchée sur le coté, un flot de bile qui lui rappelait comme son dernier repas remontait déjà à loin. A ses suffocations de douleurs vinrent s’ajouter les brûlures de son œsophage qui renforça l'anesthésie de ses fonctions mentales.


*Tu veux vivre ? Mange le.*


Cette pensée avait jaillit dans son esprit alors qu’elle examinait la plaque encore visible du scientifique.

« Dr. Theodoro White, spécialiste en humanoïde de classe S »

Les yeux de Melena se fermaient d’eux-mêmes. Dans cet état, elle ne survivrait pas. C’était une évidence. Et si ses plaies s’infectaient ? Et si sa côte lui perforait un poumon ? Et si elle s’évanouissait devant un autre danger ? Et si elle mourrait à cause d’une bombe car trop faible pour s’enfuir ? Mourir, ou ingurgiter un cadavre pour survivre. C’était un choix tellement horrible…

D’une voix faible, elle souffla à ses camarades de la laisser faire, avant qu’un sanglot ne roule sur sa joue. Retenant sa respiration, sans ouvrir ses yeux, ses doigts tremblant si fort qu’elle dût maintenir son poignet de son autre main, elle saisit un bout de chair qui se détachait du visage du cadavre et le tira jusqu’à ses lèvres. Elle imaginait les larves qui pullulaient à l’ombre de la peau morte, s’agitant dans une danse immonde avec un gazouillis imperceptible, mais elle ne préférait pas regarder. Le goût était infecte, la substance gluante, et alors qu’elle tendait à nouveau les doigts pour recommencer, des sanglots se mirent à la secouer violemment. Combien de fois répéta-t-elle l’opération avant qu’elle sente enfin la douleur s’envoler comme par magie ? Peut-être ses compagnons sauraient le dire, mais pas elle. Sa cote était soignée, ses écorchures se résorbaient à vue d’œil et bientôt, ne lui restait que la fêlure irréparable de son esprit.

*C’était pour survivre.* Se répétait-elle avec obstination, pour se convaincre que le sentiment de pourriture qu’elle sentait s’immiscer en elle n’était que factice.

Peu à peu pourtant, maintenant qu’elle ne souffrait plus, son cerveau pouvait recommencer à fonctionner normalement. Elle ouvrit les yeux doucement, resta une bonne seconde figée devant le cadavre au visage dévoré puis, sans crier garde… poussa un hurlement hystérique en s’essuyant la bouche avec frénésie, avant de bondir en retrait. Consciente de ce qu’elle avait fait, la seule chose qui l’empêchait de se faire vomir était une intuition qui lui disait que ce serait effacer le miracle accompli… et elle ne pouvait nier que désormais, elle était mieux. Toujours éreintée, mains indemne ; et ça faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas put respirer sans souffrir que l’absence de douleur lui laissait une sensation de vide.

Le souffle court, ses yeux couraient du cadavre aux décombres lugubres, et une nouvelle connexion se fit dans son encéphale qui retrouvait ses capacités. A l’instar du cratère, la machine responsable de la mort de son créateur, quelle qu’elle soit, devait peut-être errer quelque part. Mais soudain, d’une manière tout à fait inattendue, un bruit se fit entendre. Ça n’était pas loin, comme un train sur des rails qui s’était mit en marche.
D’une voix étrangement rauque, elle lança juste :

- Vous entendez ?

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Alex Stoneheart
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Jeu 23 Sep - 23:58

Après avoir ingurgité une bonne quantité de poussière, les voyageurs se relevèrent pour repartir en direction de... Eh bien, dans n'importe quelle direction du moment qu'elle n'apportait pas la perspective d'une nouvelle horde de robots dangereux. Dans sa chute, Alex avait écrasé son bras, lequel tremblait désormais au rythme cardiaque du jeune homme ; l'onde de choc avait été rude et les voyageurs n'étaient pas tous en très bonne forme. Ils boîtèrent magré tout jusqu'à ce qui ressemblait à une ville fantôme et en arpentèrent les rues durant quelques minutes. Le regard dans le vide, Alex découvrait un espace autrefois occupé par l'homme avec interrogation et inquiétude. Qu'était-il arrivé aux habitants de cette ville reculée ? Et surtout...était-elle réellement déserte ?

Melena devança ses compagnons et erra seule dans les rues abandonnées, à une dixaine de mètres d'eux. Elle était en très mauvaise forme : le buste penché en avant, elle boîtait et portait ses mains à ses côtes de temps en temps ; sa douleur semblait être à la limite du supportable. Le dégoûté obsessionnel la suivit : que faire de plus ? Le mieux était de faire le tour des lieus pour éventuellement découvrir un signe de vie, et puis le jeune homme n'avait pas non plus la tête à prendre de réelles décisions : l'attaques des robots l'avait achevé physiquement et moralement, et la seule pensée qui traversait désormais sa tête était *Comment va-t-on survivre une nuit entière dans cette plaine ?*, le reste étant mis de côté le temps qu'il reprenne ses esprits. Mais le destin ne semblait pas vouloir lui laisser une seconde de répit puisque bien vite les voyageurs découvrirent un spectacle aussi morbide qu'inquiétant.

Un homme se tenait là, au bord de la route. Un homme mort. Sa blouse, autrefois blanche, était maintenant d'un rouge foncé indiquant que le vêtement avait épongé une grande quantité de sang ; son sang.
Alex se pencha sur le côté pour vomir : c'était la première fois qu'il voyait un cadavre, et les mouches qui tournaient autour de celui-ci n'étaient pas pour calmer ses haut-le-coeur. La nécrophobe était toujours devant et continuait à marcher, droit vers l'homme à la blouse ensanglantée.

"Euuh Melena, tu fais quoi là exactem..."

Ses paroles s'étouffèrent dans sa gorge remplie de bile : la jeune femme s'était agenouillée devant le cadavre et murmura quelque chose à ses compagnons qu'Alex ne put saisir. Puis, d'un geste lent et hésitant, elle tendit le bras vers le visage du scientifique avant de...prendre un morceau de sa chair. Elle le porta ensuite à sa bouche et le mâcha avant d'en reprendre un morceau pour répéter l'opération.

"Non, non non non...Tu...Non...."


Alex aurait vomi si seulement il avait encore eu quelque chose à dégurgiter. Cette scène était si irréaliste que le jeune homme était entièrement obnubilé par la nécrophobe saisissant les morceaux de chair pour les fourrer dans sa bouche ensanglantée, encore et encore. *Ce n'est pas un pouvoir....c'est une malédiction* songea-t-il, sentant une étrange boule au fond de sa gorge. Malgré le dégoût que cela lui inspirait, il fixa l'irlandaise jusqu'à sa dernière bouchée, comme hypnotisé.

Ensuite vînt le cri bestiale de la nécrophobe. C'en était trop, et Alex craqua : il éclata en sanglot et ses pleurs vînrent se joindre au hurlement de Melena. Toute la fatigue et la tension des derniers jours étaient enfermées dans ces larmes, et le jeune homme pleura tout son corps, toute son âme. Enfermé dans sa crise de désespoir, il n'entendit ni la remarque de sa camarade ni le crissement de rails annonçant l'approche d'un train. Il aperçut seulement une forme sombre à travers l'humidité de ses yeux ; une forme qui ne cessait de grandir, comme si elle s'approchait à une vitesse considérable...Son corps entier se raidit, puis ce fut le noir complet.
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Jade Martins
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mar 28 Sep - 17:51

Plus ils avançaient dans la ville plus l’abandon des lieux plombait l’atmosphère. Jade était persuadée qu’elle pouvait entendre le moindre bruit à des kilomètres à la ronde. A croire que tout le monde avait fuit la ville ou pire, était mort. A cette idée la bonne jumelle frissonna, étreignant ses épaules de ses mains en jetant un regard angoissé aux alentours. Le détail qui ne faisait qu’amplifier son malaise était peut-être le fait qu’il n’y ait aucun corps. Certaines choses avait l’air d’avoir été abandonné en cours d’utilisation, comme un vélo volant couché en plein milieu de la chaussée, un distributeur devant une échoppe demandant encore et toujours à son utilisateur invisible de choisir sa boisson…

Une bourrasque de vent glacé balaya la rue principale où ils se trouvaient en faisant voler telle une bannière les cheveux de l’adolescente, soulevant du même coup sa jupe de jute en une mauvaise parodie de Marilyn Monroe. Sous l’effet du froid et de la peur ses membres s’étaient hérissés de chaire de poule, qui ne fit que grandir lorsque ses yeux tombèrent rencontrèrent le corps d’un homme. Un homme mort. Jay sous le coup de l’émotion avala sa salive de travers et manqua de s’étouffer, partant dans une quinte de toux violente. Le mort était bien plus récent que l’abandon de la ville, la cause de son décès était peut-être tout autre que celle qui avait poussé à la désertion mais l’adolescente ne pouvait s’empêcher de penser que la chose à l’origine de tout ça était encore présente. Jamais elle n’avait eu autant envie de faire demi tour et de détaler comme un lapin mais il fallait se rendre à l’évidence : courir pour aller où ? De toute façon son mode « origine » encore actif était là pour lui botter les fesses et la pousser à avancer.

En s’approchant du mort l’odeur pestilentielle de putréfaction lui sauta au visage. Jade plissa aussitôt le nez, l’air dégoûté et prête une nouvelle fois à s’en aller mais la suite du spectacle la cloua sur place. Comme un automate Melena continuait d’avancer vers le corps avant de se laisser tomber à ses pieds. Les autres ne comprenaient peut-être pas encore ce qui se passait mais la bonne jumelle ne s’en doutait que trop. La simple pensée de ce qui allait arriver lui donnait la nausée et elle détourna la tête avant même que la nécrophobe ne confirme ses doutes en leur demandant de ne pas intervenir. Le bruit des chairs en décomposition arrachées et mastiquées secoua Jay d’un haut-le-cœur et ce fut une chance que son sandwich du déjeuner soit déjà digéré depuis longtemps. Entre le faire parce qu’un bandit maboul vous mettait des tripes fraiches plein la bouche c’était une chose, mais de son plein gré et sur un cadavre aussi décomposé c’était trop pour la brunette. Elle était dans un telle état de tension que le cri hystérique de Mel’ lui fit faire un bon d’un mètre en arrière, la main plaquée sur sa bouche pour retenir son propre cri.

Elle était tellement obnubilé par le souvenir des bruits du repas de l’irlandaise qu’elle n’avait pas jusqu’alors remarqué le ronflement d’une machine au loin, ni même les pleurs d‘Alex. L’intervention de son amie, lâchée d’une voix méconnaissable, la ramena sur terre. Aussitôt Jade prêta l’oreille et ses yeux s’écarquillèrent de surprise et de soulagement lorsqu’elle cru reconnaître le son bien connu d’un train en gare prêt à partir. Tous choqués, éreintés, en larmes pour certains, ils se dirigèrent tous comme un seul homme vers la gare située à quelques mètres sur leur gauche. Le bâtiment immense était désert, sa baie vitrée réduite en miette depuis déjà de très longues années. Lorsqu’ils traversèrent le hall en courant le bruit de leur pas se répercuta dans l’espace vide d’une manière lugubre et Jade ne put s’empêcher de remarquer la présence de quelques valises abandonnées sur un banc ou à même le sol, ainsi que celle d’un vieux nounours rapiécé qui la fixait de son unique œil noir. Jay détourna le regard dans un frisson et sortit sur le quai juste à temps pout voir un gigantesque train arriver.

Comme tout le reste ici, le monorail était bien plus avancé technologiquement que ceux de chez eux et semblait aux yeux de la bonne jumelle n’être qu’un amas aérodynamique de fer et d’acier, son nom "Blaine" gravé en grand sur l'avant de l'appareil. L’engin avançait sur un énorme rail unique et autour de celui jaillissaient de véritables petit éclairs bleutés. Ils se trouvaient tous à à peine 1 mètre du bord du quai et ce ne fut pas dur de deviner qu’à cette distance ils allaient tous finir grillés comme des chamalows autour d’un feu. Lysander, Melena et Jade reculèrent prestement mais Alex, la vision encore embrumée par ses larmes ne remarqua rien et ce qui devait arriver arriva… il se fit frapper d’un des éclairs. Les cheveux de l’adolescent se hérissèrent sur sa tête alors que son corps se raidissaient. La vue de ses yeux révulser et de son écume aux lèvres était insoutenable, poussant Jade à détourner la tête en serrant les dents. Après un bref instant elle entendit son compagnon retomber au sol, le train s’étant enfin arrêté et ne délivrant plus d’énergie.

- Alex ? Alex tu… tu m’entends ?

L’adolescente s’approcha avec prudence avant de réaliser que maintenant qu’il n’était plus en contact avec le courant il n’y avait plus de risques à le toucher. Elle se laissa tomber à genoux à côté de lui et prit son pouls, tremblante. Le soulagement qu’elle ressentit lorsque la carotide du dégoûté chronique pulsa sous ses doigts ainsi que de voir sa poitrine se soulever faiblement était immense et elle ne put s’empêcher de lâcher un soupir en fermant les yeux.

- Ca va, il respire… et son cœur bat. Bon dieu…

Même s’il était encore en vie il ne semblait pas vouloir revenir à lui, et il faudrait probablement faire avec un moment. Alors qu’elle se demandait si elle devait demander à Lysander de l’aider à porter Alex jusqu’à un banc la porte du train juste devant elle s’ouvrit brusquement en la faisant sursauter et tomber sur les fesses. Personne ne se trouvait là, mais ça n’empêcha pas une voix aux accents électroniques de s’élever depuis les hauts parleurs dispersés dans la gare. Bien que formelle on ne ressentait que trop le côté malsain de cette voix, mais l’esprit de Jade était si paralysé par les évènements qu’elle ne s’en rendit compte que bien trop tard, une fois montée à bord.

- Bonjour, les passagers à destination de Formatek sont priés de monter à bord. Le monorail partira à 21h12.

Une version agrandie de la région et de son réseau de chemin de fer montrait que cette ville se trouvait au nord ouest au bord du fleuve, s’y rendre ne pouvait donc qu’économiser leur temps et leur fatigue. La grosse horloge analogique de la gare était en panne depuis longtemps et l’adolescente n’était pas prête à laisser passer un moyen de transport sûr et rapide sous prétexte qu’elle avait mit trop longtemps à se décider, elle adressa donc un signe à Ander² pour lui demander d’approcher et de se saisir des épaules d’Alex alors qu’elle attrapait les chevilles de son côté.

- Aide moi tu veux ? Le train va partir sans nous sinon… et j’ai pas envie de marcher des kilomètres et des kilomètres alors pour pourrait l’éviter, puis elle ajouta en se tournant vers Melena, Tu viens ?

Ils hissèrent leur compagnons du mieux qu’ils purent pour se retrouver dans un cadre pour le moins luxueux. Ce monorail était visiblement réservé à une clientèle pourvue niveau rubz, et disposait donc de tout le confort possible. Le wagon dans lequel ils avaient pénétré possédaient de moelleuses banquettes rouge sombre et un mini écran holographique pour chaque passager. Il y avait probablement bien plus d’options cachées, mais Jay se contenta dans un premier temps d’aller poser Alex sur l’une des banquettes avant de bondir de surprise une nouvelle fois au claquement de la porte du train. La voix mécanique s’éleva une nouvelle fois, mais l’aspect malsain bien plus développé que la première :

- Bienvenue à bord du train de la mort ! Je pensais vous avoir tous tué, vous êtes si ennuyeux… mais je vais réparer mon erreur, ne vous inquiétez pas !
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Melena Autumn
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mar 28 Sep - 19:23

Le visage totalement dénué d’expression, Melena regardait Alex pleurer alors que tous commençaient à entendre l’approche du train. Elle ne quittait pas des yeux ce spectacle désolant pour la simple bonne raison qu’elle sentait comme autant de marques au fer rouge les regards en coin que pouvaient lui jeter ses compagnons après une démonstration si peu ragoutante de son pouvoir. L’avantage était de se savoir désormais complètement remise de ses blessures, et manifestement, son organisme s’était adapté à la digestion des charognes puisque mis à part le choc psychologique, elle ne ressentait pas venir le moindre désagrément physique. Peut-être les temps à venir allaient lui prouver le contraire, mais pour l’heure, elle se dirigeait avec ses camarades en direction de la gare, qui avait autant souffert que le reste de la ville.

Le bruit du verre écrasé par leur pas résonnait dans le hall vide et glacial sans apporter le moindre espoir d’une présence. Les guichets à l’abandon voyaient leurs vitrines fendillées dans le meilleur des cas, ou alors éclatées sur des bureaux où pullulaient encore toutes sortes de bestioles qui avaient dévoré le papier qui y trainait inévitablement. Les portiques automatiques sensés contrôler les titres de transport des voyageurs étaient hors-service, et la troupe de voyageurs qui se rendit sur les quais n’eurent même pas à y faire attention.
Ou en tout cas, sauf Melena qui elle, se focalisait sur les détails, car cela occupait son esprit suffisamment pour qu’elle oublie l’horreur qu’elle avait perpétré quelques instants plus tôt. Maintenant qu’elle était guérie, ça lui paraissait irréel, infaisable, inadmissible… et de savoir qu’elle avait put, même dans un moment d’extrême faiblesse, se laisser aller à dévorer un cadavre, la terrifiait d’elle-même. Serait-elle capable de se repaître de quelqu’un qu’elle connaissait en cas de besoin ? Et de Jade ?

Son regard tomba sur le dos de son amie qui courait devant elle, puis le détourna quand ils parvinrent à destination. Le train énorme au nom particulier entrait en gare avec un naturel qui rendait la situation plus sinistre encore, et ce sans même tenir compte des éclairs qu’elle dû esquiver avec un habile bond en retrait. Seul Alex, toujours perdu derrière ses larmes ne réagit pas assez tôt et reçut une décharge qui l’envoya au tapis. Au même instant, un hululement se fit entendre, et son fidèle hibou coursier vint lui larguer une nouvelle fois son journal sur son crâne avant de repartir avec empressement, comme s’il était autant effrayé qu’elle par l’allure lugubre des lieux. Elle ne put s’empêcher de jeter un œil bref aux articles, et eut tout juste le temps d’apprendre que la Polis de Sextus avait rompu le silence quand à leur ronde dans les alentours qui avait été fructueuse quelque jours plus tôt que la psychotique l’appelait à monter dans le véhicule étrange.

Melena leva la tête, détaillant d’un œil hésitant la carcasse métallique de Blaine, puis consentit à rejoindre ses compagnons à l’intérieur. Elle n’avait pas eut le temps de lire si certaines personnes avaient été capturées – ni qui – mais ça n’était pas encore le moment de lire son numéro du Dreamland soir. Elle se contenta d’aller le glisser dans le sac à dos que Jade portait toujours, au moment où la porte claquait avec une fermeté qui n’annonçait rien de bien. Le cliquetis des lourds loquets de l’engin se firent entendre, et la voix électronique s’éleva cette fois pour leur faire un accueil qui fit inévitablement blêmir la nécrophobe.

- Qu’est-ce… c’est une blague ?

Mais malheureusement, un ricanement machiavélique grésilla dans les haut-parleurs pour lui signaler qu’elle faisait fausse route. Lentement, le train se mettait en marche, et sans attendre, la jeune fille se rua contre la porte pour essayer de l’ouvrir. Mais à l’instar des métros les plus modernes du monde réel, il n’y avait pas de bouton réserver à l’ouverture des issues. Ses yeux écarquillés avisèrent ce qui ressemblait à une sonnette d’alarme, mais l’irlandaise se rendit bien vite compte qu’elle avait déjà été tirée, ce qui ne semblait pas avoir arrêté la folie de Blaine. Paniquée, elle se tourna vers son amie.

- Jade ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?!

Ses mains tremblaient tant qu’elle devait se les serrer l’une contre l’autre pour espérer les contrôler. Jamais elle n’avait été prisonnière d’un engin high-tech qui lui promettait la mort, et au vu des échantillons de la mécanoplaine qu’elle avait eut jusqu’à présent, elle était volontiers prête à croire que Blaine ne mentait pas. Sur un petit écran accroché au plafond, une carte simplifiée indiquait le chemin qui restait à parcourir avant qu’ils ne parviennent à destination. Melena ne savait si elle devait se réjouir que la distance leur laisse le temps de trouver une solution, ou bien paniquer encore plus en se disant que ça laissait aussi plus de temps au train pour prendre de la vitesse et les écraser au bout.

Elle n’eut cependant pas à éclaircir ce point tout de suite, car après un crachotement dans les haut-parleurs, la voix malsaine reprit avec une pointe d’amusement froid qui glaça le sang de l’adolescente.

- Si vous arrivez à me distraire, j’peux vous laisser partir ! Si vous parvenez à me coller, moi, Blaine, avec une énigme que je ne saurais pas résoudre, alors… vous êtes libre !

Melena frissonnait tant qu’elle dû à son tour s’assoir sur une banquette rouge. Des énigmes ? Bien sûr qu’elle en connaissait des tas, depuis petites, mais seraient-elles susceptibles de bluffer une machine de haute-technologie ? Rien n’était moins sûr.
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Jade Martins
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Dim 10 Oct - 17:12

C’était… une blague non ?

Jade, les traits tirés parcourrait la pièce des yeux jusqu’à s’arrêter sur le haut-parleur d’où sortait la voix menaçante. Le coller ou mourir ? Qu’est-ce que c’était que ces conneries ? Ça paraissait tellement illogique, tellement décalé… un train tueur psychopathe et amateur d’énigmes… ça tenait vraiment du délire total ! Sans parler du fait qu’elle ne connaissait presque aucune énigme, et que c’était toujours dans ces moments qu’elles nous échappaient. Elle devait bien en avoir une où deux sous le coude mais avec l’afflux de stress rien ne lui venait à l’esprit, ce qui ne faisait qu’amplifier la peur qui brûlait dans sa poitrine.

- Dites moi que je rêve…

Sauf qu’elle rêvait bien sûr, mais cette certitude n’empêchait pas le fait que son âme mourrait si Blaine mettait sa menace à exécution. L’envie de hurler grandissait en elle au point de lui faire alors qu’elle restait figée, impuissante, se contentant de regarder Melena se jeter sur la porte et chercher le signal d’alarme en vain. Ils ne faisaient qu’aller de charybde en scylla, fuyant un danger pour tomber sur un autre bien pire… à croire qu’un Dieu sadique suivait leurs péripéties en ajoutant de temps en temps un peu de piment pour ne pas s’ennuyer. Ils n’étaient ici que des jouets manipulés par le destin, incapable de prendre leur vie en main. L’adolescente ne pouvait s’empêcher de penser que c’était une punition qu’on lui infligeait à retardement pour ne pas avoir réussi à sauver Amber, un coup de règle en bois sur les doigts pour lui faire comprendre qu’on ne l’y reprendrait plus. Il fallait avouer qu’à l’allure où allaient les choses il y avait de fortes chances pour que cette supposition soit avérée. Et son amie qui lui demandait quoi faire… comment voulait-elle qu’elle sache ?!

- Je sais pas… je sais pas, je sais pas, JE SAIS PAS ! Comment veux tu que je sache ?! J’arrive même pas à me souvenir d’une pauvre énigme ! On va tous crever ici et Alex en serra même pas conscient ! Et Lysander, le seul qui s’y connaissait, est dans un état second ! A croire que c’est lui qui s’est pris un coup de jus… non mais franchement tu veux que je te dise quoi ? La seule chose à laquelle je pense c’est hurler de peur, mais je crois pas que ce soit utile.

L’adolescente se laissa tomber sur l’une des banquettes pourpres, relevant ses jambes pour les ramener contre son torse. Le stress la poussait à regarder ses pieds et se ronger les ongles, les oreilles emplies par le bruit de son cœur battant la chamade. De toutes façon le monorail mentait peut-être, il les tuerait sûrement quoi qu’ils fassent, il tenait juste à se jouer d’eux. Quoi d’autre sinon ? Et puis comment coller une machine ? Il devait avoir en mémoire toutes les énigmes possibles et imaginables, sans parler du fait que ses circuits pleins de logiques n’auraient aucun mal à venir à bout de nouvelles énigmes. Ils étaient fichus, morts d’avance… et personne pour les pleurer.

Jade serra les poings de frustration, les yeux humides et l’esprit embrouillé à force de chercher des devinettes qui ne venaient pas. Elle savait bien qu’elle n’avait pas parlé correctement à l’irlandaise, que ce n’était pas de sa faute et qu’elle était aussi paniquée qu’elle mais la peur avait un effet dévastateur sur la bonne jumelle. Elle sentait déjà les sanglots s’accumuler dans sa gorge et serra les dents, avant de souffler à mi voix :

- Désolé, je suis un peu tendue.

C’était un euphémisme mais elle ne voyait pas quoi dire d’autre pour l’instant, tant ses sentiments étaient évidents. Son manque de courage l’empêchait de récupérer le calme dont elle avait besoin pour réfléchir, et sans Elie à côté pour remettre ses pendules à l’heure elle était aussi désemparée qu’une enfant. Le corps secoué de soubresauts elle tentait d’inspirer profondément pour retrouver son calme, les yeux clos. Ce fut Blaine qui l’interrompit dans ses efforts en s’adressant de nouveau à eux avec une pointe d’agacement boudeur dans la voix :

- Si vous ne dîtes rien je fais aussi bien de vous tuer tout de suite… le vie est d’un ennui mortel avec ou sans votre compagnie. Vous n’aurez probablement même pas le loisir de vous écraser avec moi à l’autre bout de la ligne si ça continue.

Ces paroles firent monter la pression d’un cran et Jay se crispa un peu plus, arrêtant de ronger ses ongles pour lever de nouveau les yeux sur le haut-parleur. Elle se sentait toujours aussi désemparée mais le temps qui manquait réussi à faire remonter à la surface une vieille devinette, très facile à résoudre mais qui leur offrirait peut-être un peu de répits si Blaine voyait qu’ils y mettaient de la bonne volonté.

- A… attends ! J’en ai peut-être une ou deux, mais la peur ne m’aide pas à me souvenir ! Je… je crois que c’était… « je suis au début de la nuit et à la fin du matin, et on me trouve deux fois dans l’année. Qui suis-je ? »

Un rire métallique envahit la cabine, glaçant le sang des voyageurs. La voix du monorail ne mit pas longtemps avant d’enchainer plein de satisfaction méprisante :

- Bien trop simpliste. C’est la lettre « n ». Ce n’est pas avec ce genre de devinettes que vous aller survivre !
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Melena Autumn
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Dim 10 Oct - 20:31

La réponse de Jade qui ne s’était pas faite attendre laissa la nécrophobe muette de stupeur. La dernière fois que toute deux avaient ainsi cédé à la panique au point que l’une enguirlande l’autre, c’était dans la forêt de Sextus, quand elles se faisaient attaquer par l’une des créatures nocturnes, mais là, les rôles s’étaient inversés. Ils allaient tous crever ici, c’est vraiment ce qu’elle pensait ? Non… c’était inconcevable, elle ne pouvait pas mourir. Elle ne VOULAIT pas mourir ici et comme ça.

Alors que la psychotique se recroquevillait sur un fauteuil, Melena ravala les fulminations qui lui venaient en serrant nerveusement les poings. Elle entreprit de jeter une série de regards alentours, cherchant à apercevoir une commande, un bouton, ou n’importe quelle chose qui serait susceptible de faire s’arrêter ce train fou. Comme si elle avait la tête à chercher des devinettes en guise de sauvetage… les excuses de son amie la tirèrent de sa frénésie angoissée, et elle-même trop tendue pour se laisser attendrir, elle siffla pour elle-même « c’est quand même de TA faute si je me retrouve ici ! » avant d’à son tour aller prendre place sur l’un des sièges pourpres du wagon.

Le rappel de Blaine la fit sursauter et sa main se referma machinalement sur la bandoulière de son pieu, prête à s’en servir ; mais l’évidence qu’elle ne terrasserait jamais le train fou avec son arme en métal était si clair qu’elle entreprit plutôt de chercher de quoi coincer la machine. Mais comment pouvait-elle ? Elle en connaissait quelques unes des énigmes, mais seraient-elles capables de coincer un ordinateur high-tech ? Jade tenta sa chance avec une devinette plutôt simpliste que l’irlandaise résolu du bout des lèvres, juste avant que les haut-parleurs ne grésillent pour laisser s’échapper la réponse de Blaine. Son rire glacial sembla faire baisser la température du wagon, et c’est la voix tremblante, frictionnant ses épaules par de petits mouvements saccadés par la peur, que Melena entreprit de tenter sa chance :

- Bien… un bus part de sa gare routière avec 15 passagers. L’arrêt suivant, 2 en descendent, mais 3 montent. Celui d’après, 5 descendent et 1 monte. Suivant encore, il y a juste 4 personnes qui montent, mais ensuite à la station suivante, 7 descendent contre 2 montés. Sur les deux arrêts suivant, il y a 3 montés pour 2 personnes qui quittent le bus.

L’adolescente marqua une pause pour reprendre son souffle, et éventuellement croiser le regard paniqué de Jade de ses yeux gris qui reflétaient son angoisse.

- Et… et par la suite, le bus va prendre 7 passagers mais 8 en redescendent, avant qu’à la station suivante, il n’y ai qu’une monté. L’avant dernière station voit monter 6 personnes, et le bus parvient enfin au terminus…

La nécrophobe prit son inspiration.

- Par combien de stations le bus est-il passé ?

Il y eut un moment de silence, pendant lequel on n’entendait plus que le bruit étouffé du monorail lancé à pleine vitesse. Melena n’aurait sut dire combien de temps elle avait attendu, tant elle avait espérer durant ce calme relatif, que la voix grésillante les invite pacifiquement à descendre de voiture. Mais cet espoir devait rester à son état d’optimisme utopique, car Blaine laissa s’échapper un nouveau rire qui fit frissonner l’irlandaise.

- Vous me prenez vraiment pour une machine de l’ère primaire ?! C’est débile, il y a eut 9 stations entre le départ et le terminus. Je crois que vous allez m’ennuyer, je vais vous dire Ad…

A cet instant, Lysander s’était réveillé de sa torpeur et avait proposé une énigme de haut-vol qui n’avait rien à voir avec les piètres performances des deux adolescentes. Tremblante, la jeune fille faisait son regard voyager des haut-parleurs au sphinx, jusqu’à ce que la voix se décide enfin à une tirade qui avait subitement l’air excitée et bien moins criminelle :

- Oh-oh ! Un spécialiste hein ?! Toi tu me plais bien, je vais sans doute pouvoir utiliser un plus fort taux de mes capacités d’analyse ! Oui, parce que vous savez que je ne suis quand même pas n’importe quel train ! En plus d’être ultra-sophistiqué, je dispose de tout le confort possible, même d’un disque dur de plus de 20 000 Go réservés uniquement au stockage multimédia ! Musique, film, diaporama, 3D… dans le fond du wagon où vous êtes, vous avez une salle de bain équipée d’un système de nettoyage de vêtements ultra-rapide ! Le temps d’une douche, et hop ! Vos fripes sont aussi propres que vous ! ah-ah-ah ! D’ailleurs aller, pendant que je m’amuse avec le monsieur, j’invite les filles à tester ma salle de bain et m’en dire des nouvelles ! De toutes façons vous êtes inutiles ici.

Melena restait intriguée devant le caractère – si on pouvait ainsi parler d’une machine – de Blaine qui se vantait avec arrogance de tous les services qu’il disposait, à tel point qu’elle ne relevait même pas la remarque méprisante qu’il avait eut à leur égard. Cependant, il aurait peut-être mieux valut pour elle qu’elle réagisse immédiatement, car une série d’éclairs bleus semblables à ceux qui avaient assommé Alex coururent sur le plafond, et la voix informatique se fit un peu plus menaçante.

- A la salle de bain j’ai dit !

Sans prendre en compte la menace, il est clair que la nécrophobe avait bien besoin de se décrasser. Mais face à l’insistance de leur hôte passablement instable, elle échangea un regard avec Jade, saisit sa brosse à dent dans le sac à dos, et se rendit dans la salle de bain située juste à la fin du wagon, derrière une petite porte aussi rouge que les sièges. Contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre pour l’intérieur d’un train, la pièce n'était pas si petite, et la cabine de douche assez grande pour accueillir plus d’une personne sans se piétiner. Il y avait un lavabo blanc immaculé surmonter d’un grand miroir qui renvoyait aux jeunes filles une image d’elle-même qui faisait peur à voir. Elle n’avait jamais été confrontée à son image depuis longtemps, et croiser sa mine épuisée, ses traits maigris, sa peau crasseuse et ses cheveux emmêlés fit un choc à Melena qui la paralysa plusieurs longues secondes.

Du coin de l’oreille, elle entendait Blaine qui répondait avec un enthousiasme fier à la première énigme de Lysaner, ce qui suffit à la rappeler à l’ordre, elles n’avaient pas beaucoup de temps. Se délecter d’une douche quand l’un de leur compagnon était occupé à tenter de les sauver d’une mort atroce n’était sans doute pas très équitable mais… la machine semblait tenir à venter ses produits non ? La jeune fille regarda son amie avant de proposer avec une pointe de timidité :

- On irait plus vite toutes les deux ensembles non ? Je ne suis quand même pas tranquille à l’idée d’être ici…
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Jade Martins
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mar 12 Oct - 14:59

Comme elle s’en était douté Blaine avait trouvé la réponse à son énigme de bas niveau en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Entendre l’horripilante satisfaction dans la voix de la machine avait été le coup de trop pour Jade qui aurait tout donné pour pouvoir disparaître dans l’instant, engloutie par le sol. Son petit doigt lui disait que ce serait bien moins douloureux que les projets que le monorail avait pour eux. Elle raffermit la prise qu’elle avait sur ses jambes repliées, la douleur de ses ongles mordant sa chair la faisant grimacer. C’était la seule véritable énigme qui lui venait en tête, le reste quand à lui ne consistait qu’à de vague pseudos devinettes de maternelle totalement ridicule. A vrai dire ce genre de choses sans queue ni tête ne rentrait probablement pas dans la demande de leur « hôte », elle se retint donc sans mal d’embrayer sur l’une d’entre elle.

Melena ne tarda pas à prendre le relai, sans plus de succès. C’était le genre de devinette qui consistait à tenter d’embrouiller l’auditeur, comme pour ces histoires d’âge du capitaine. Enfin leur ennemi étant une machine il était évident que ces ruses d’humains ne marcheraient pas, ce qui se confirma bien vite. Leurs efforts pitoyables avait l’effet inverse de celui escompté car Blaine commença ni plus ni moins à les menacer de les tuer avant d’avoir atteint leur destination finale. Ou même sur l’instant, à vrai dire.

- N…non ! Att… bredouilla Jay, complètement paniquée.

Il allait les abattre ici même, probablement d’un éclair comme celui qu’avait subit Alex en gare. Elles allaient finir grillée par un train maboul et ce serait fini. Tous leurs efforts réduits à néant, toutes ces épreuves subies pour rien. L’adolescente ne put s’empêcher de penser qu’au moins elle ne mourait pas totalement vu qu’Elie était encore là, quelque part à Dreamland. Elle prendrait probablement le total contrôle de leur corps à l’arrivée, du coup son décès ne serait que partiel mais bizarrement ce n’était pas pour la rassurer. La bonne jumelle avait fermé les yeux avec force dans l’attente de leur châtiment, serrant les jambes pour éviter que l’angoisse ne la pousse à tâcher une nouvelle fois son fond de culotte. Ca ne tarderait plus longtemps, après tout le monorail leur disait déjà adieu…

… sauf que rien ne se passa. La voix de Lysander s’était élevée, salvatrice. Il s’était visiblement remis de ses émotions et, trop content d’avoir le droit de se faire plaisir, servit à la machine détraquée une énigme de son cru. C’était bien plus évolué que leurs précédentes tentatives, et ça fit autant plaisir à Blaine qu’aux deux adolescentes qu’on invita à aller faire un tour ailleurs, pour voir s’il y était. Jade ne se fit bien sûr pas prier, non pas parce qu’elle voulait réellement tester toutes les choses dont se vantait le train, mais plutôt pour s’éloigner de cette tension. Plus elle serait loin des questions réponses mieux elle se porterait. Elle commençait à se lever lorsque les éclairs de persuasion parcoururent le plafond, accélérant sa démarche. C’est presque en courant qu’elle atteignit la salle de bain. Celle-ci était de dimension tout à fait honorable, éclatante de propreté. Elle disposait de tout le confort moderne, si ce n’est plus étant donné l’avancé technologique de la région. L’américaine en resta coite un bon moment à l’entrée de la pièce, laissa Melena la distancer avant de lui faire une proposition de douche commune.

- Je sais pas si on irait vraiment plus vite mais… si tu veux.

A vrai dire elle n’avait aucune envie de sortir d’ici rapidement. La bonne jumelle n’avait aucun scrupule à laisser leurs vies entre les mains de l’ainé de leur groupe, après tout il y avait fort à parier qu’elles ne seraient que des boulets pour lui. Que voulait Melena à la fin ? Qu’elle y retourne pour proposer la devinette du petit pois dans l’ascenseur ? Autant rester ici à se décrasser à fond, au moins elles mourraient avec une apparence digne. Jay ne perdit pas de temps, posa leur sac à dos sur le sol et commença à ôter ses vêtements qu’elle fit entrer dans une sorte de tiroir sur lequel s’affichait en lettres lumineuses « système de nettoyage ultra rapide ». Elle doutait qu’il soit possible de récupérer l’état initial de ses frusques tant celles-ci étaient raides de crasse mais elle voulait bien laisser à Blaine l’occasion de leur prouver qu’il n’était pas uniquement un psychopathe avec des boulons. Un léger ronronnement s’éleva aussitôt et Jade pénétra dans la douche, bien vite suivie par sa camarade. Le contact de l’eau chaude était une vraie bénédiction…

- De l’eau chaude… ça fait une éternité qu’on a pas eu droit à un luxe pareil. J’aurais presque envie de dire merci à cette loco-loca.

Son jeu de mot tiré de ses origines hispaniques était sorti tout seul, et elle ne pensait pas qu’il aurait de quelconques conséquences mais il fallait croire que les murs avaient des oreilles (enfin des micros). A peine eut elle finit de parler en affichant un maigre sourire qu’un de ces étranges éclairs bleus fusa d’un mur, manquant de peu le jet d’eau qui cascadait sur elle. Jade glapit les yeux exorbités en s’accroupissant par terre , jetant des regards affolés aux alentours. L’avertissement de Blaine était bien passé, on ne l’y reprendrait plus sauf que… était-ce normal que la bouteille de shampoing, tombée au sol lors de son mouvement brusque lui passe au travers du pied ? La panique profonde et la peur de mourir qu’elle venait de ressentir venait malencontreusement d’activer son nouveau pouvoir, et inutile de dire qu’elle s’en trouva complètement désemparée. Non seulement elle était immatérielle, mais visiblement elle n’arrivait même plus à bouger les pieds pour se déplacer. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’elle en avait mal et son souffle commençait à lui manquer.

- C’est… c’est quoi cette merde ?! Pou… pourquoi je peux plus marcher ? Pourquoi cette fichue bouteille de shampoing traverse mon pied ?!

La bonne jumelle tourna un regard affolé vers Melena dans l’espoir d’y trouver une réponse à ses questions. Après une seconde d’hésitation elle finit par murmurer dans un souffle :

- L’éclair m’a tué ou quoi ? Je suis un fantôme ?
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mer 13 Oct - 3:10

Manifestement, Jade ne partageait pas sa vision des choses, qui consistait à estimer qu’être dans le wagon où se déroulaient le duel entre le train psychopathe et Lysander était une option plus sûre que celle d’être enfermées dans la salle de bain. Si jamais Blaine se lassait du doyen, il pourrait les condamner à mourir closes dans cette pièce qui paraitrait soudain bien plus étroite et froide. Après un dernier regard sur ses traits sales, elle s’effeuilla à son tour et imita son amie en plaçant ses vêtements dans un second tiroir sensé être équipé d’un système de nettoyage rapide avant de la rejoindre dans la cabine où coulait déjà une eau agréablement chaude.

C’était comme… un rêve qui prenait vie dans un lieu des plus incongrus. Sa peur faisait encore légèrement vibrer sa peau agitée de frissons, mais elle se sentait si bien sous le jet clair, c’était une sensation que plus d’un mois de vie à la dure lui avait fait oublié. Ses yeux croisèrent une bouteille de shampoing, et sans autre forme de procès, elle la saisit d’une main tremblante pour l’ouvrir, en humer la fragrance qui lui était inconnue mais pas désagréable, puis s’en mettre une copieuse quantité au creux de ses paumes avant de reposer la bouteille où elle l’avait prise. Pouvoir se laver les cheveux était un luxe que la jeune irlandaise n’avait même jamais osé souhaiter depuis qu’elle avait compris que Dreamland était loin d’être un club de vacances. Elle massait son crâne et frottait sa longue chevelure noire corbeaux, les yeux clos sous la sensation du réconfort, ne les ouvrant que de temps à autre pour voir un tourbillon d’eau marronâtre s’évanouir dans un conduit d’évacuation discret.

A ses côtés, Jade fit bientôt une réflexion qui était en total adéquation avec les pensées de la nécrophobe, mais heureusement que celle-ci n’eut pas le temps de le confirmer, car peut-être l’attaque de Blaine ne les aurait pas manqué. L’éclair avait sans doute volontairement raté le jet d’eau qui les couvrait, comme un avertissement que son autorité était omniprésente, et qu’il ne lui fallait d’un rien pour mettre un terme à leurs joyeusetés. Melena avait sursauté, pour se figer sur place, en l’attente d’une parole ou quoique ce soit d’autre de la part de leur hôte qui lui garantirait qu’elle pouvait rester dans la douche sans risquer de mourir… mais le silence que la machine s’obstinait à observer, par mesquinerie ou par simple indisposition technique, avait le don de faire trembler l’irlandaise qui avait l’impression de voir la mort lui tourner autour de plus en plus près, depuis qu’elle avait mit un pied dans cet endroit maudit.

Elle allait supplier l’américaine de ne plus faire de remarques susceptibles de piquer la fierté du monorail mégalo, mais celle-ci se mit soudainement à s’exclamer de manière terrifiée, l’incitant à baisser les yeux sur la bouteille de shampoing qui, effectivement, passait au travers de son pied cloué au sol. Ses oreilles qui bourdonnaient légèrement sous la pression de la peur qui montait encore d’un palier captèrent malgré tout les hypothèses pessimistes de Jade qui faillirent la faire tressaillir, avant qu’elle ne se ressaisisse en agitant vivement la main, cherchant à se rassurer elle-même autant que son amie.

- Non, non, tu n’es pas morte. Si tu étais un fantôme… on verrait ton corps physique quelque part. Et puis regarde… moi aussi je suis en contact avec l’eau, et je n’ai pas été électrocutée… l’éclair ne l’a vraiment pas touché.

Pour s’assurer malgré tout qu’elles n’étaient pas toutes les deux victimes d’un évènement surnaturel – ou technologique – Melena déplaça ses pieds, palpa les murs et tendit un doigt qui passa au travers l’épaule de la bonne jumelle. Elle ne put retenir un infime soupir de soulagement de remarquer que l’étrangeté n’était réservée qu’à sa camarade, mais elle espérait que son handicap ne révèle pas quelque chose de plus grave… comme un problème survenu dans le monde réel concernant son corps physique ? Elle n’avait pas envie d’émettre ccette hypothèse alarmiste qui risquait de déclencher une crise de panique de la part de la psychotique déjà froussarde, et une autre idée jaillit subitement lorsqu’elle songea elle-même à son propre pouvoir qui avait plutôt le don de handicaper quand il ne fallait pas.


- Tu crois que ça peut être un autre « pouvoir » que tu ne connaissais pas encore ?

L’adolescente avait fait le signe des guillemets avec les doigts, car elle estimait qu’une capacité qui vous mettait dans la merde plutôt que vous en sortir n’était pas vraiment un pouvoir. Ne sachant pas vraiment quoi faire, la nécrophobe entreprit de réfléchir tout en finissant de se laver les cheveux. Aux cotés de la bouteille de shampoing avant qu’elle ne gîse sur le sol se trouvait un flacon en plastique de gel douche au parfum similaire qu’elle attrapa du bout de ses doigts pâles avant de baisser à nouveaux les yeux sur Jade. Elle se sentait mal à l’aise de pouvoir continuer à se mouvoir à sa guise quand son amie était clouée au sol, incapable interagir avec la matière, mais que pouvait-elle faire ? Déranger Blaine dans son festin de devinettes étaient une idée qui se révèlerait sûrement suicidaire, et aucun des deux hommes de leur groupe n’avait de guide pratique des évènements bizarres survenant à Dreamland… d’autant que l’un d’eux était toujours hors circuit. Melena lui adressa donc un sourire faible qui se voulait plein d’espoir avant de commencer lentement à se savonner.

- Ne t’en fais pas… ça ne peut que passer au bout d’un certain temps si c’est réellement un pouvoir. Et si ça dure et que ça ne change pas… on avisera. Mais en tout cas, arrête de paniquer… s’il te plait…

La fin de sa déclaration était comme une supplication souffler à mi-voix qui lui était autant destinée qu’à la psychotique. Depuis qu’elle avait apprit qu’elle était sur un train high-tech complètement barge qui leur promettait leurs morts, elle se sentait oppressée de tous les cotés, comme si les parois du wagon allaient finir par se rétracter et l’écraser sans aucun sentiment ; et il fallait qu’elle se rappelle à l’ordre au même titre que son amie qui la contaminait avec ses airs terrifiés.
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Sam 23 Oct - 19:39

Un fantôme, ça ne pouvait être que ça. Sinon quoi ? Un nouveau pouvoir ? Mais lié à quoi ? Elle n’avait pas peur d’être immatérielle pourtant ! Ça n’avait pas de sens, c’était stupide, c’était dérangeant mais surtout, surtout… c’était complètement flippant. Jade ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle resterait comme ça pour toujours et que sa vie était foutue. Enfin si elle pouvait encore être considérée comme vivante. Elle était tellement fixée sur sa petite personne qu’elle en oubliait Melena, les garçons et même Blaine. Son champs de pensée n’était occupé que par l’image gênante de son pied traversé par la bouteille de shampoing.

Les paroles de son amie qui se voulaient réconfortantes n’en étaient que troublantes. D’accord son corps n’était nulle part mais après ? C’était Dreamland après tout. Et puis plus qu’un pouvoir c’était peut-être simplement une punition du train maboul. Après tout avec sa technologie si avancée, pourquoi ne pourrait-il pas dématérialiser quelqu’un ? Ça restait du domaine du possible, et il y avait fort à parier qu’aucune supplication ne viendrait à bout du désir vengeur du monorail. Jay se sentait si mal qu’elle en aurait pleuré si seulement elle en avait eut la possibilité, à défaut de quoi elle se contenta de pincer les lèvres, l’air mortifiée.

- Un pouvoir ? C’est lié en quoi à ma maladie tu peux me le dire ? Ça n’a aucun sens… je suis sûre que c’est Blaine. Quoi d’autre sinon ?

Sa voix vibrait sous le coup de l’émotion mais l’irlandaise ne semblait même pas s’en rendre compte, trop occupée à dédramatiser. « Ne panique pas »… c’était trop facile ! Ça se voyait bien que ce n’était pas elle qui était touchée ! Dire ça alors qu’elle était morte de trouille quand elle se transformait elle-même en charogne ça tenait du registre comique ! Et dire qu’elle en était même au point de continuer à se laver comme si de rien était… non vraiment, elle n’était pas aussi fiable qu’Elie. La frustration et la bouderie avaient remplacé l’air effrayé de la bonne jumelle qui mourrait désormais de l’envie de tourner le dos à sa camarade. La démarche lui restant impossible elle se contenta de détourner la tête pour fixer le carrelage avec intensité, l’air buté.

*Ah mais c’est beau l’amitié ! Franchement !*

Le ton suppliant de Mel’ ne la touchait même pas tant elle se sentait rejetée et abandonnée à son malheur. Dans son petit monde égoïste elle ne pouvait voir qu’un fait : elle avait besoin d’aide et elle n’en recevait pas. Elle s’était promis de se taire et d’ignorer sa camarade jusqu’à ce qu’elle se repente de son comportement mais sa nature tumultueuse s’apprêtait à prendre le dessus malgré tout sa volonté. Alors qu’elle ouvrait la bouche pour ajouter quelques paroles bien senties sur les valeurs de la camaraderie son corps se mit à gagner en substance et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire elle avait recouvré sa consistance initiale. La bouteille de shampoing, poussée par le retour de matière était tombée au sol et se vidait généreusement dans la douche, entrainait l’apparition d’un véritable nuage de mousse qui leur montait jusqu’à la taille. Probablement encore une des causes du modernisme de la région…

L’adolescente bien trop contente de son retour à la normale n’y prêta aucune attention et oublia même totalement sa rancœur envers Melena. Elle se contenta d’écarquiller les yeux et de s’extasier longuement sur le fait qu’elle arrivait enfin à bouger les pieds. C’était donc vraiment un pouvoir ? Mais ça servait à quoi concrètement à part la gêner ? Elle secoua la tête pour chasser ses questions et se mit en quête de savon pour pouvoir enfin se laver à son tour, non sans lâcher avec soulagement :

- Je suis pas morte… bon dieu, j’ai jamais autant eut peur de ma vie. Enfin… si, plusieurs fois mais bon, on est pas n’importe où.

Elle se tut ensuite et ne décrocha plus un mot jusqu’à la fin de son décrassage en règle. Maintenant que la peur et le soulagement avaient disparu elle ne se rappelait que trop la frustration qu’avait engendré la réaction de l’irlandaise à sa « mésaventure ». Au moins elle savait désormais qu’on ne pouvait compter sur elle dans les moments critiques. Se laver tranquillement alors qu’elle paniquait, franchement…

Une fois propre comme un sou neuf elle sortit de la douche et ouvrit le tiroir de nettoyage qui avait cessé de bourdonner. A l’intérieur se trouvaient leurs tenue de jute, lavées, rapiécées et repassées. La machine avait même utilisé une lessive qui avait rendu le tissu moins rêche, un vrai bonheur ! Jade inspira profondément pour profiter de l’odeur de linge propre et enfila ses frusques avant de se tourner vers le lavabo. La glace qui le surplombait reflétait le visage émacié de l’adolescente encadré de sa chevelure humide. Elle avait vraiment l’air au bord de l’évanouissement avec ces valises sous les yeux mais au moins elle s’était débarrassée de sa carapace de crasse. Alors qu’elle cessait de s’examiner pour se saisir de sa brosse à dents, un étrange appareil semblable à un gros casque muni de diode descendit du plafond pour se fixer sur la tête de l’adolescente éberluée. Une petit voix mécanique s’éleva alors pour demander :

- Cher demoiselle, quelle coiffure désirez vous aujourd’hui ?
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Sam 23 Oct - 22:23

Jade s’était finalement mise en tête de se taire et les quelques coups d’œil que lui jetait la nécrophobe lui apprit qu’elle avait l’air de bouder. Mais que diable voulait-elle qu’elle fasse ? Qu’elle pique une gueulante contre Blaine au risque de se faire carboniser ? Qu’elle implore la machine détraquée d’accepter de retirer sa sentence – dans le cas où il serait le coupable ? Faire une grève temps que l’américaine n’aurait pas recouvert sa consistance ordinaire ? Voyons, elle était aussi terrorisée, voire plus, et au moins, passer le temps en continuer de se doucher avait quelque chose de constructif. D’ailleurs, Melena était trop préoccupée par leur sort encore entre les mains de Lysander, et se demandait si, à défaut de pouvoir coller leur hôte, il aurait assez d’énigme pour tenir jusqu’à leur destination. Peut-être que parmi les boulons crochus de ce dernier, il y avait quelque part une part de bon, qui les remercierait de l’avoir bien amusé en les laissant sortir en vie.

Ce fut le bruit de la bouteille de shampoing se renversant qui la tira de ses rêveries utopiques, et voilà que sa camarade se remettait sur ses pieds avec émerveillement. Le nuage de mousse qui s’éleva jusqu’à sa taille aurait presque fait rire l’irlandaise, mais elle était encore trop tendue, et le souvenir de l’instant bouderie de son amie lui serrait encore le cœur. Elle se contenta d’essayer en vain de s’en écarter en grommelant entre ses dents :

- Bah tu vois…

Elle aurait voulu ajouter « c’était pas si terrible. » mais elle retint son bout de phrase sur le bout de ses lèvres. Quand elle-même était paralysée par son pouvoir de leurre, elle savait ce que c’était que de se sentir impuissante, bloquée, et qui plus est sous une apparence de charogne. Mais bon… Melena était une plus grande adepte de l’égocentrisme que de la compassion, et de toute manière, son amie n’avait pas peur de disparaître non ? Donc elle devait sûrement mieux vivre cette état d’immatérialité qu’elle ne vivait sa condition de morte.

Quand toutes deux furent enfin propres et débarrassées de la mousse superflue, elles quittèrent la cabine de douche sans un mot. Si Jade ne l’avait pas vue, la nécrophobe avait aperçut le discret compartiment qui gardait quelques serviettes, en tira une pour pouvoir se sécher et avant d’avoir put le suggérer à son amie, celle-ci s’était déjà rhabiller de ses vêtements qui avaient l’air d’avoir retrouvé une nouvelle jeunesse. Un petit point au cœur fit grimacer Melena, qui se cacha en s’essuyant le visage. Elle la boudait encore ? Qu’est-ce qu’elle aurait dû faire pour s’attirer ses bonnes grâces ? Elle était sauve non, ce n’était pas le principal ?

En redécouvrant ses vêtements de toile propres, doux et parfaitement rapiécés, l’adolescente évita de croiser la psychotique du regard ; car désormais qu’elle était tout à fait propre, même avec un visage marqué par plusieurs semaines d’un traitement difficile, il lui restait une joliesse qui charmait l’irlandaise. Ses sandales de cuir avaient même été décrottées et cirées. S'émerveillant devant son état de propreté, stade qu’elle n’avait encore jamais connu depuis son arrivée à Dreamland, Melena leva les yeux au moment où une voix informatique résonnait à ses cotés. Elle tourna vivement la tête pour voir Jade affublée d’un énorme casque luminescent qui était à la fois impressionnant et effrayant. Plusieurs petits compartiments s’ouvrir pour en laisser sortir de fines tiges métalliques aux articulations diverses qui tenaient tantôt un peigne, tantôt une paire de ciseaux, tantôt une bombe de laque…

Bouche bée, l’irlandaise ne savait pas trop ce qu’elle devait faire dans cette situation – peut-être l’américaine avait-elle envie de profiter de l’occasion pour se faire faire un brushing gratuit – mais pourtant, les clignotements incessants et aléatoires de la foule de diodes vertes et rouges avait quelque chose de trop peu rassurant… soudainement, la voix mécanique reprit en butant sur une syllabe d’une manière qui fit froid dans le dos à la nécrophobe.

- Vou-uuuus avez demandé une coupe complète. Patientez le temps que le programme ne charge les données necessaires.

Melena déglutit. Elle ne savait pas trop qu’elle serait la réaction de son amie si elle s’adressait à elle, sachant qu’elle avait semblé lui faire la tête depuis l’épisode malencontreux de la douche, mais là, elle se voyait dans l’obligation d’intervenir. Ça lui ferait mal de la voir complétement chauve par la faute d’un système informatique dirigé par un train fou.

- Euh… je crois que tu devrais retirer ce truc… si j’ai bien compris, il a l’intention de te faire la boule à 0…

Les jambes étrangement flageolantes, la jeune fille fit un pas de plus vers son amie, les yeux rivés sur les ustensiles de coiffures inertes, et au moment où elle allait effleurer l’épaule de la concernée, le bras muni du ciseau bondit brusquement. Malgré son mouvement de recul, l’adolescente ne put éviter que son épaule dénudée soit entaillée superficiellement. Elle porta une main à sa blessure qui la picotait en observant les deux lames tachées de sang s’éloigner avec une lenteur qui pouvait être prise pour un sadisme volontaire. La voix s’éleva à nouveau, plus froide.

- Chargement effectué. Ne pas bouger. Ne pas perturber la zone de traitement.

Comme un échos fait exprès, suivant cette phrase, le rire de Blaine résonna dans la pièce où se trouvaient encore Lysander et Alex. Était-ce lui qui tirait les ficelles ? Il les avait convaincu de se prélasser dans la salle de bain et désormais il cherchait à les humilier avec une coupe inconvenante ?
Avec une précision de professionnel, les ciseaux appréhendaient lentement la première mèche à couper. Melena ne pouvait pas laisser les choses se faire… cette fois, elle sentait qu’agir comme si de rien était serait abandonner son amie, alors qu’elle avait été très – trop – souvent là pour elle.

Avisant les fils qui partaient du casque pour rejoindre le compartiment du plafond d’où il était sortit, elle sortit son couteau de cuisine de sa poche de cuir et se jeta dessus pour tous les trancher à la fois. Cette fois, les ciseaux n’avaient pas eut le temps de l’attaquer pour défendre la bonne farce que projetait l’I.A., mais en réponse à son audace, un éclair jaillit et frappa l’adolescente de plein fouet en la projetant au sol. Son corps fut agité d’un spasme violent, puis elle s’immobilisa, sa vision trouble, chacun de ses membres engourdis fourmillant désagréablement. La décharge n’avait pas été si forte que ça ; Blaine devait tenir à ce que leur mort ne soit due qu’au fait de s’écraser au bout de la ligne ; mais ça avait suffit pour terrifier la nécrophobe qu’elle était.

Dans son état de demi-conscience, Melena était persuadée d’être quelque part entre la vie et la mort, et donc sans le vouloir, elle déclencha son pouvoir. Son cadavre avait tout de quelqu’un qui avait été violemment électrocuté et dans cette circonstance, son leurre n’était que trop crédible.
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Mer 27 Oct - 22:44

Coiffée de son casque étrange Jade n’osait pas bouger. Ce truc débloquait probablement aussi surement que le monorail dont il faisait partie et risquait probablement de tenter de lui crever les yeux avec un peigne ou de lui cramer le cerveau par un excès de permanente. Sa voix mielleuse n’était pas pour rassurer la bonne jumelle qui ne réussi qu’à répondre en bredouillant quelque chose d’inintelligible que l’appareil prit pour une réponse positive. En attendant les différents instruments jaillir, dont des ciseaux aux lames tranchantes, elle étouffa un glapissement en avalant sa salive de travers. Nul besoin des conseils de Melena pour savoir qu’elle devait s’en débarrasser, mais la peur de se retrouver la gorge tranchée en essayant ne l’aidait pas à se lancer. Elle avait l’impression que ses membres étaient lestés de plomb et la simple idée de remuer un orteil était un véritable supplice.

- Mais si je bouge il va…

Jay poussa un petit cri en voyant son amie écoper d’une coupure au bras pour avoir tenté d’intervenir dans la « coupe complète ». Ce spectacle fut suffisant pour la convaincre que ne pas bouger était la meilleure solution même si ça signifiait se retrouver avec une coupe ridicule de champignon à la Mireille Mathieu. Elle demeura dont aussi raide qu’un bout de bois, les yeux clos dans l’attente soit de l’humiliation, soit d’une mort qu’elle espérait rapide. Son attente n’eut pour seule réponse que le bruit de fils qu’on coupait et l’appareil s’éteignit en un « ziou » tristounet. L’adolescente ouvrit les paupière et jeta un regard timide et apeuré aux alentours juste à temps pour voir l’irlandaise se faire foudroyer par le joujou favori du monorail. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre ce qui venait de se passer : son amie avait voulu l’aider et voila qu’elle en payait les conséquences.

La psychotique repoussa le casque métallique et se rua sur le corps étendu de son amie. Celui-ci était raide et inconscient, arborant des brûlures dans les zones ou le courant était entré et sorti. Elle porta tremblante la main au cou de sa camarade pour en prendre le pouls mais se sentit aucune palpitation sous ses doigts, pas plus qu’elle ne perçu sa respiration. Un doute odieux s’insinua alors dans son esprit : elle était vraiment morte ou ce n’était que son pouvoir ? Après ce qui venait de se passer la première hypothèse était plus que probable, et si ça s’avérait juste elle devait commencer les premier secours maintenant, mais si c’était faux…

- Me… Mel ? T’es vivante ?

Pas de réponse bien sûr. Jade ne put s’empêcher de regarder autour d’elle à la recherche d’aide, comme un quitte de réanimation ou une borne de téléportation pour médecin mais dû bien vite se rendre à l’évidence. La seule aide dans le coin, c’était elle-même. Ses premiers secours étaient tellement lointain qu’elle n’était même pas sûre de pouvoir les faire correctement, sans parler des risques que son amie encourait si elle s’aventurait à lui faire un massage cardiaque sans nécessité. La crainte la faisait hésiter, mais la constatation du temps qui s’écoulait inexorablement la poussa à se secouer. Elle se déplaça sur les genoux jusqu’au flanc de sa camarade et contempla son corps l’air hébété un instant, cherchant dans sa mémoire la marche à suivre.

- Alors je… je crois que je dois mettre mes mains là et… me tenir droite. Oui c’est ça. Et… euh… faire 15 compressions. Ou 30 ? Je sais plus… on va dire 30.

La panique la faisait bredouiller mais elle se mit au boulot tant bien que mal, le visage déformé par la concentration et le stress. Son cœur battait si fort au bout des 30 compressions qu’on aurait pu la croire sortie d’un marathon, mais seule l’angoisse motivait cet emballement. Elle se pencha ensuite sur le visage pâle de sa camarade, repoussa sa tête, entrouvrit sa bouche et… grimaça. Il en exhalait encore une odeur de cadavre en putréfaction, mais ce n’était pas le moment de jouer les chochottes. Elle approcha ses lèvres de celle de Melena, le nez plissé et souffla deux fois après lui avoir pincé le nez de sa main gauche puis se releva précipitamment pour profiter d’un air non vicié. Au fond d’elle son égoïsme exigea que ces efforts soient récompensés, autant pour la joie de voir son amie en vie que pour avoir enduré un tel supplice.

Elle recommença ensuite son manège une fois, puis deux, puis trois, puis quatre… puis elle arrêta de compter. Les muscles de ses bras lui criaient d’arrêter mais elle s’entêtait les larmes aux yeux. Ça ne pouvait pas finir comme ça, il fallait qu’elle s’accroche ! Les quelques minutes qui venaient de s’écouler lui avaient paru des heures, des jours même. Le fond sonore de Lysander posant encore et encore des questions à Blaine lui retournait l’estomac. Quoi qu’il se passait ici le monde n’arrêterait pas de tourner pour autant. Elles n’étaient que des fourmis sans importance, qu’on écrasait avant de les oublier aussitôt, si seulement on les remarquait de prime abord. Maintenant les larmes inondaient franchement son visage, donnant aux périodes de bouche à bouche des allures de baiser mouillé.

- Meurs pas… meurs pas s’il-te-plaît… j’ai besoin de toi ! Et puis tu m'avais promis de m'accompagner jusqu'à Techyo ! Tu peux pas lâcher maintenant... t'as pas le droit !

Elle se pencha une nouvelle fois sur le visage de l'irlandaise et, tel un prince des contes de fée, elle déposa un dernier baiser sur les lèvres roides de la morte qui brusquement s'éveilla...
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Melena Autumn
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Jeu 28 Oct - 1:02

Étendue sur le dos, sa chevelure sombre autour de son visage blafard et inanimé, Melena avait perdu connaissance au moment où son pouvoir s’était déclenché. Elle était si certaine d’avoir vu venir sa dernière heure qu’elle avait voulut se battre, s’agiter, hurler pour se montrer à elle-même qu’elle n’était pas déjà un fantôme survolant son propre ; mais ses membres paralysés avaient refusés de lui obéir. Elle ne sentait même pas la brûlure de son épaule, là où l’éclair de Blaine l’avait frappé. En réalité, elle flottait… sans doute.

Pour la jeune irlandaise, la mort était toujours apparue comme un gouffre profond dont on ne discernait aucune des parois. Il faisait froid, vide, et malgré la pénombre étouffante, la faucheuse tournoyait, plus sombre encore, comme une cape mouvante informe capable de l’avaler pour l’éternité. Sa mère lui avait souvent dit que depuis le ciel, ou quelque part comme ça, les défunts devaient sûrement veiller sur eux et les protéger à leur manière. Pourtant… si cela avait été la vérité, pourquoi les accidents qui ont ponctué leurs vies à toutes les deux sont-ils survenus avec une fatalité implacable ? Des gens qui ne le méritent pas meurent tous les jours, n’importe quand, n’importe comment, et le monde ne s’arrête pas de tourner. Dans son indifférence froide, le monde des vivants avance, et avance, et les personnes décédées, elles, sombrent dans l’oubli.

C’étaient ces pensées, qui avaient fait germer dans le cœur de la petite Melena sa crainte de mourir. Elle ne voulait pas disparaître, car ça n’était pour elle qu’une solitude douloureuse et éternelle… et rien que de l’imaginer, elle était morte de trouille.
Une lumière se fit. Pâle, infime, mais comme si son esprit s’éveillait d’un sommeil profond, elle pouvait recommencer à penser, et des idées filtraient la brume qui noyait encore son encéphale pour venir titiller ses terminaisons nerveuses. Que faisait-elle ici déjà ? Elle était morte ? Non !... Non. Impossible, elle ne pouvait pas. Pas ici, pas comme ça…

Il y avait cette voix qui l’appelait. Une voix qui l’implorait de revenir, à qui appartenait-elle déjà ?
Il fallut un instant avant que, sous son apparence de charogne, l’esprit de la nécrophobe reprenne complètement conscience. La première chose qu’elle vit, qu’elle sentit, lorsque son corps inanimé recouvrait enfin ses facultés motrices, ce fut Jade qui déposait un ultime baiser sur ses lèvres inertes. A cet instant, il aurait été impossible de décrire à quel point Melena était rassurée de constater qu’elle n’était pas morte. Elle aurait voulut, pour « fêter » l’évènement, rester immobile et profiter de la sensation délicieuse de son amie qui se penchait pour l’embrasser, les larmes de son menton coulant doucement sur sa joue en lui procurant un frisson étrange mais appréciable. Elle aurait voulut, mais l’air non désiré que lui insuffla la psychotique pour la ramener à elle la fit inévitablement tousser et elle se pencha soudainement sur le coté pour éviter de continuer à expulser ses germes au visage de la bonne jumelle.

Quand la crise fut passée, l’irlandaise resta un moment tournée vers le sol, une nappe de cheveux noir masquant son visage rougi, puis lentement, elle pivota pour faire face à Jade. Une Jade qui avait encore le visage humide de larme. Melena avait enfin de hurler. Elle voulait crier qu’elle était en vie, se jeter dans les bras de son amie, la remercier à n’en plus finir, s’excuser, avouer ses sentiments secrets, mais elle restait muette. Sa bouche s’ouvrit et se ferma, un peu comme un poisson hors de l’eau qui abandonne la lutte pour l’oxygène. Doucement, toujours sans un mot, sans non plus quitter l’américaine de ses yeux ronds, elle se redressa sur les genoux pour lui faire face. Finalement, elle baissa la tête, sa chevelure venant immédiatement masquer son regard, et seul son premier reniflement fit remarquer qu’elle était en train de pleurer.

- Excuse moi… encore je… mon pouvoir… j’ai eut tellement peur, tellement…

L’adolescente ne savait pas vraiment elle-même pour quelle raison ses larmes coulaient. Elle était touchée, profondément, de la dévotion de Jade qui avait été jusqu’à l’implorer en pleurant de ne pas l’abandonner. Mais du même coup, elle se sentait mal… parce qu’elle n’avait pas réellement été mourante. Ça n’avait, encore et toujours, qu’été un mauvais tour de sa capacité spéciale qui lui pourrissait la vie… tout ça parce qu’elle était une froussarde. Elle avait l’impression d’être une menteuse, une imposture vivante qui leurrait son entourage pour un peu d’attention.

Sans relever la tête, elle porta ses doigts à son épaule brûlée pour l’évaluer, et une pensée sombre et ironique vint ternir un peu plus son moral en chute : elle n’aurait qu’à dévorer un autre cadavre, et ça ira. Elle ferma les yeux pour chasser la vision qui lui était venue, celle de l’homme dont elle s’était repue plus tôt pour soigner sa côte cassé, puis essuya ses pleurs du dos d’une main fatiguée qui retomba lourdement sur ses genoux.

- Je suis désolé de te faire peur Jade… je ne le contrôle vraiment pas, je… j’ai eut peur. Je ne veux pas mourir ici…

Ni nul part ailleurs en fait. Et de savoir que c’était tout simplement impossible lui faisait mal à fendre son cœur en deux. Peut-être devrait-elle s’avouer maintenant ? Si elle disait à son amie qu’elle l’aimait, peut-être souffrirait-elle moins ? Peut-être cela aurait-il une importance ? Elle était si heureuse de savoir qu’elle n’était pas seule, que la bonne jumelle était restée pour elle…

- Jade, tu sais je… je…

Melena étouffa un sanglot avant de redresser la tête pour regarder la psychotique dans les yeux.

- Merci.
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Lun 8 Nov - 15:34

Lorsque sa dernière insufflation provoqua la quinte de toux de Melena, Jade se recula tout aussi brutalement que son amie s’était tournée. Les exhalations de cadavre qui venaient de lui être soufflé au visage étaient si forte qu’elle faillit en vomir. Il lui fallut de durs efforts et une main plaquée contre ses lèvres pâles pour l’empêcher de vomir, la condamnant à un mutisme temporaire. A l’inverse de son estomac noué, son cerveau était en effervescence tant diverses pensées se bousculaient sous son crâne. Un mélange de dégoût, de soulagement, de fatigue et de joie. Quelques reproches aussi, et une pointe de honte d’en ressentir. Elle avait eu si peur, elle s’était donné tellement de mal au point de ne plus sentir ses bras pour… pour rien. Ce n’était encore une fois que la malédiction qui servait de pouvoir à l’irlandaise. Mais si ce n’était que ça, pourquoi est-ce que ça avait été aussi long ?

La bonne jumelle tourna enfin les yeux vers sa camarade, le visage encore ruisselant de larmes. Vu la tête qu’elle tirait ça n’avait pas été volontaire, elle refoula donc tout au fond d’elle les remontrances qui se bousculaient derrière ses lèvres closes. Et puis… elle s’excusait non ? Un soupir vint conclure ses réflexions alors qu’elle restait toujours immobile sans pouvoir quitter des yeux la silhouette de son amie qui tâtait son épaule brûlée. Cette blessure au moins était réelle, il faudrait dénicher sous peu de quoi la soigner avant que tout ça ne tourne à la plaie purulente. Après avoir vu la main gangrénée de Dakota sur le Slavedog Millionnaire Jade avait bien compris qu’il était important de traiter ce genre de problème dans les plus bref délais, et si Blaine avait du shampoing il devait bien aussi receler le genre de trésors dont-elles avaient besoin. La question étant : voudrait il gentiment les leur donner ?

Melena attira alors son attention vers elle une nouvelle fois, continuant de se répandre en excuses. L’adolescente cru même l’espace d’un instant qu’elle voulait lui confier quelque chose d’important mais n’eut en révélations qu’un « merci » qu’elle accueillit avec un faible sourire. Elle se redressa sur un genou et tendit une main à l’irlandaise pour l’aider à se relever, lâchant au passage avec une désinvolture feinte :

- Oh tu sais, c’est pas grave. Réanimer des gens je fais ça tout les dimanches. Enfin… pas vraiment mais au moins maintenant je connais l’utilité des séries médicales comme « urgences ».

Une fois debout elle aida son amie à se stabiliser sur ses jambes, non sans grimacer sous l’effort. Les muscles de ses bras étaient si lourds, si douloureux qu’elle avait l’impression d’avoir déménagé seule une maison pleine à craquée de meubles massifs. Et ce n’était que le début, bientôt viendrait les courbatures mais il ne valait mieux pas y penser pour l’instant. Chaque chose en son temps.

Un coup d’œil dans la salle de bain lui rappela qu’elle ne s’était toujours pas brossée les dents et qu’après avoir fait du bouche-à-bouche à quelqu’un qui avait mangé un cadavre en putréfaction elle en avait grandement besoin. Embrayer directement sur une action aussi banale paraîtrait probablement déplacé mais jamais elle n’avait autant eu envie de le faire. A vrai dire dans l’état actuel des choses elle aurait été capable de dresser un autel au Dieu du dentifrice. Après quelques instants d’hésitation elle finit par se décider à se saisir de sa brosse, la contemplant un moment dans la paume de sa main avant d’oser changer radicalement de sujet.

- Bon, c’est du passé ok ? Faut tourner la page et passer à autre chose comme… finir ce qu’on a commencé par un bon coup de brosse à dent. Ensuite j’essayerai de demander à Blaine s’il a de la biaphine ou d’autres trucs du genre pour soigner ta blessure, en espérant que Lysander arrivera à la coller avant. Après tout le monde continue de tourner, on peut pas resté bloquée sur un incident.

Elle était si insistante qu’on aurait dit qu’elle tentait de se convaincre elle-même. Lorsqu’elle s’en rendit compte Jade mit du dentifrice sur sa brosse avant de l’enfourner, se mettant à frotter énergiquement. Le stress de ce qui venait de se passer était encore présent et malgré ses belles paroles elle n’arrivait pas à oublier. Bon sang et si jamais c’était réellement arrivé ? Et si ça arrivait un jour ? Demain ?? La tornade de propreté additionnée de fluor lui apporta malgré tout une paix relative et une fois l’opération finit elle avait recouvré une capacité de réflexion normale. Elle rangea ses objets personnels dans leur sac commun, le hissa sur son dos et leva la tête vers le plafond les sourcils froncés. Le monorail l’entendrait forcément, alors elle n’avait qu’à parler au vide non ?

- Euh… Mr Blaine… vous n’auriez pas, par le plus pur des hasards, de quoi soigner une blessure ? Tenta-t-elle, l’air peu convaincue.

A peine avait-elle posé sa question qu'une sorte de tourbillon orangé l'entoura alors qu'un ricanement moqueur s'élevait. L'adolescente prit d'abord ça pour une nouvelle "blague" du train qui allait mal tourner, histoire de varier les plaisirs mais elle se rendit bien vite compte de son erreur. Non seulement le "joyeux Halloween" qu'elle avait entendu n'avait rien à voir avec la voix du monorail, mais il n'avait probablement pas non plus le pouvoir de transformer ses fringues en un ridicule costume de citrouille. Pas plus que de lui fournir le petit chapeau et la lampe assortie. Baissant les yeux sur le sourire narquois qui s'étendait sur son ventre, Jay gémit de dépit avant de murmurer pour elle-même :

- Non mais j'avais franchement pas besoin de ça...
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Lun 8 Nov - 22:54

Le sourire faible que lui adressa Jade diffusa une légère chaleur dans son cœur. Manifestement, elle ne lui en voulait pas trop pour son nouveau numéro de morte professionnelle, et un flot de reproches en moins à encaisser, c’était toujours un plus. Son amie l’aida à se remettre sur ses jambes encore flageolantes toute en lâchant une remarque teintée de souvenirs du monde réel, sensée apaiser l’atmosphère. Cette fois, ce furent les lèvres fines de Melena qui s’étirèrent en un sourire peu convaincue, appréciant la tirade ironique mais cachant qu’elle n’avait jamais été une fan des séries télé.

L’irlandaise n’osait pas être la première à bouger, ni à embrayer sur autre chose. Peut-être Jade attendait-elle quelque chose… une compensation, une récompense, d’autres remerciements, de nouvelles excuses, une plaisanterie, une remarque sur Urgence… mais finalement, celle-ci prit sa brosse à dent dans leur sac commun, avant de se lancer dans une grande tirade qui disait, en gros, qu’il fallait qu’elles passent à autre chose. Les yeux ronds, la nécrophobe la regardait, presque comme si elle ne l’avait jamais vu. Son discours lui évoquait, en tout cas selon sa perception d’une personne qui n’avait eut ni grande famille ni vraie amie, celui d’une sorte de sœur qui veillerait à sa santé avec le détachement qui voulait dire « j’t’aime bien mais… faut pas que ça se sache trop quand-même ». Melena n’avait aucune idée de si la psychotique l’appréciait réellement ou si elle ne la voyait que comme une camarade de route, mais ce qu’elle voyait, c’est qu’elle lui avait sauvé la vie plus d’une fois ; alors même si c’était faux, elle voulait voir dans ces gestes une affection d’amie toute particulière, ça n’était que la première fois après tout.

Les joues rougissantes, elle murmura un « merci » et prit à son tour sa brosse à dent pour l’enduire copieusement de dentifrice et l’enfourner avec avidité. Les quelques frissons qui lui restaient encore de sa mésaventure se dissipèrent dès qu’elle eut assimilé le goût mentholé de la pâte au fluor. Cela faisait si longtemps qu’elle en oubliait sa peur de mourir, Blaine, la mécanoplaine, et tout ce qui faisait qu’elle se trouvait en cet instant en train de cultiver son hygiène bucco-dentaire dans un monorail déglingué.

Elle aurait put passer des heures à se brosser les dents – c’est peut-être ce qu’elle fit car elle n’avait plus aucune notion du temps dans ce court moment délectation intense – puis ce fut Jade qui la fit revenir sur terre, rangeant soigneusement ses affaires. Melena suivit son exemple après s’être rincer la bouche. La sensation d’être propre, entièrement propre, et de sentir bon, avait quelque chose d’euphorisant. Dans son état, l’adolescente aurait presque put aller enlacer Alex tellement elle se sentait bien et revigorée par ce traitement, bien que ce soit sur un train fou qui avait essayé de la tuer. Un dernier regard à sa blessure la fit grimacer, d’autant plus qu’elle ne se souvenait que trop bien de son origine encore trop proche, mais elle réalisa qu’elle ne souffrait plus de ses cotes désormais.

- Dis Jade, si tu veux, je peux porter le…

Suivant sans doute un fil de pensée, son amie ne l’avait pas entendu et s’adressa directement au néant pour réclamer des médicaments à son attention. La jeune fille n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit, car un nuage orangée les enveloppa toutes les deux. L’irlandaise eut l’impression qu’on la vidait subitement de toute sa substance corporelle, un voile noir transparent se dressa devant ses yeux, et le « joyeux Halloween » ricanant lui fit redouter le pire.

Devant elle, la psychotique arborait un costume de citrouille à mille lieux des vêtements qu’elle portait jusqu’à lors. Melena ne savait pas si elle devait sourire ou s’horrifier. Elle échappa au problème en se tourna vers le miroir pour s’observer et un petit cri lui échappa alors qu’elle fit un bon en arrière. Voilà qu’elle arborait une tenue de squelette, cape et masque assortis, sans n’avoir rien demandé à personne.

Spoiler:
 

Elle essaya vainement de retirer ces vêtements étrangers, mais non seulement ils ne bougeaient pas d’un pouce, mais en plus la pression infligée à ses phalanges par ses poings serrés la picotait étrangement douloureusement.

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire…

Était-ce une nouvelle blague de Dreamland en rapport avec sa phobie ? Si c’était le cas, elle ne la faisait pas rire. Elle fit un pas en arrière, puis deux, et un autre, jusqu’à ce qu’elle sente son dos toucher le mur qui faisait face au miroir. Si elle ne s’était pas vu elle-même s’éloigner, elle aurait put jurer ne pas avoir fait un mouvement tant la sensation dans ses membres était faible.

- C’est vraiment bizarre… je me sens… légère… carrément plus que d’habitude je veux dire…

Brutalement, la porte de la salle de bain s’ouvrit à la volée. La nécrophobe avait fait vivement volte face avant de furtivement plonger sa main dans sa poche de cuir pour en sortir son couteau de cuisine qu’elle pointa vers l’encablure, en se plaçant écran devant Jade. Elle ne s’était pas vraiment rendu compte de s’être montrée bien plus rapide qu’elle ne l’aurait été à l’ordinaire, et elle n’eut pas le temps de se poser d’autres questions, car la voix grésillante de Blaine se fit entendre.

- Allez ! Le toilettage est terminé mes demoiselles ! Je sais que mes disponibilités sont toujours les meilleures venues, mais il ne faut pas non plus abuser des bonnes choses. Revenez donc mourir avec vos amis ! Le vieillard était amusant, mais ses énigmes ne sauront jamais me coller !
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Ven 19 Nov - 19:24

A l’heure actuelle Jade se sentait comme une grosse meringue orange. Elle s’imaginait parfaitement rebondir comme une balle après avoir été lancé contre un mur avec le bruitage qui va bien, le tout dégageant une impression de ridicule difficilement supportable. Au moi Melena avait écopé d’une tenue convenable qui ne la faisait pas ressembler à un bibendum chamallow*, mais cette chance ne semblait pas sauter aux yeux de sa camarade qui commençait déjà à s’inquiéter. L’adolescente s’apprêtait à souligner d’un air boudeur l’injustice flagrante dont elle était victime quand la porte de la salle de bain s’ouvrit brusquement. Dans un glapissement elle bondit en arrière pour se plaquer au mur alors que l’irlandaise s’interposait prête à… poignarder la porte s’il le fallait. A vrai dire Jay ne voyait pas trop en quoi un couteau pouvait être utile face à un train fou, mais elle préféra se taire pour ne pas gâcher les courageux efforts de Mel’.

L’utilisation du mot toilettage fit régresser la peur de l’américaine et la troqua contre un vague ressentiment. Cette machine plus que de les voir comme des jouets les voyait désormais comme des bêtes. Plus elle apprenait à connaître les rouages tordus de l’intelligence artificielle de la machine plus l’idée d’être tuée par elle la débectait profondément, surtout qu’aux vues des dires de Blaine la mise à mort était imminente. Lysander avait donc échoué ?

- On est mal… murmura-t-elle en quittant la salle de bain, ses bras enserrant ses épaules pour se donner du courage.

Dans le wagon Alex était toujours évanouie là où elles l’avaient déposé alors que leur ainé s’était assis dans un coin, l’air sombre. Il prenait visiblement très mal le fait qu’aucune de ses énigmes ne soit venue à bout du monorail, et Jade le comprenait bien. Après tout elle aussi ressentait ce sentiment de frustration qui grandissait encore et encore jusqu’à devenir intolérable. La carte lumineuse indiquant leur trajet montrait qu’ils se rapprochaient de leur terminus à une vitesse folle, ne leur laissant que quelques minutes devant eux. Et ils ne restait plus qu’elles. La poisse.

Jade s’assit nerveusement sur une banquette rouge et se prit la tête entre ses mains tremblantes. Elle n’avait rien qui lui venait en tête mis à part des bêtises de maternelle. N’avait-elle donc rien de valable dans un coin de son crâne ?! Toutes ses vaines tentatives de réminiscence ne faisaient que lui mettre la pression, phénomène accentué par les petites remarques acides de Blaine pour les pousser à s’activer. En désespoir de cause et pour éviter une électrocution intempestive, l’adolescente finit par relever la tête et bredouiller piteusement :

- Euh… humm… qu’est… est-ce qui est ve… vert, qui monte et qui… qui descend ?

Une seconde s’écoula, puis la voix mécanique répliqua avec un agacement visible :

- Un petit pois dans un ascenseur, mais c’est tout bonnement stupide ! Ce genre de devinette n’est pas digne de moi !

* Pour ceux qui ne savent pas qui c‘est :
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Ven 19 Nov - 19:52

Manifestement, Melena avait été piquée par un coup de zèle en dégainant son couteau, car la porte n’avait pas claquée à cause d’un importun, mais simplement par le bon vouloir de la machine détraquée qui leur servait d’hôte. Il les exhorta à sortir rejoindre le wagon principale où les deux hommes affichaient des états qui laissaient à désirer : Alex ne s’était toujours pas remit de son électrochoc et Lysander semblait bouder sombrement de ne pas avoir put venir à bout de l’intelligence artificielle qui les condamnait tous à une mort prochaine.

Rangeant sa lame, l’adolescente grimée en squelette suivit son amie avant d’imiter son exemple en s’asseyant à son tour, les yeux rivés sur le panneau qui indiquait leur trajet. Plus que quelques minutes avant l’impact, et non content d’être simplement thanathophobe, elle avait l’étrange sensation que son corps qu’elle sentait aussi léger qu’une plume risquait de se briser en plusieurs morceaux au moindre choc.

L’irlandaise se grattait la tête, l’atmosphère lourde perturbée uniquement par le crissement du monorail et le vent qui fouettait les flancs de l’habitacle métallique. Elle avait beau chercher, mais elle ne connaissait pas réellement d’énigmes susceptibles de bloquer la machine, si leur doyen lui-même n’y était pas parvenu après un long moment d’effort. Plus elle réfléchissait, plus l’envie de simplement faire mal à Blaine l’a démangeait. Elle aurait voulu ravager tout le dispositif informatique, lacérer les banquettes rouges, mais à quoi bon ? Il ne ressentirait aucune douleur et se contenterait de l’électrocuter, une fois lassé de la voir tout saccager.

Jade brisa le silence avec une devinette enfantine parfaitement stupide. Du genre de celle que l’on sortait en classe primaire pour distraire la galerie. Melena se tourna vers son amie, prête à lui demander si elle ne voulait pas plutôt chercher de vrais énigmes qui pourraient leur sauver la vie, mais alors que sous son masque, elle ouvrait la bouche, la nécrophobe se rendit compte que Blaine laissait filer un temps de latence. On aurait presque put compter les secondes avant qu’il ne réponde avec un agacement perceptible dans sa voix grésillante. Un sourire invisible aux lèvres, l’irlandaise s’était relevée, comme pour se donner plus de force, puis clama :

- On tient le bon bout ? Qu’est-ce qui est petit, carré et rouge ?

Nouvelle hésitation. La jeune fille aurait crut sentir la cabine vibrer sous les frémissements de colère de l’intelligence artificielle qui finit par répliquer avec fureur :

- Un… un petit carré rouge ! Mais ça n’est PAS logique ! Arrêtez donc ces absurdités !

Satisfaite, Melena réunit ses mains devant elle en croisant légèrement les doigts, un air malicieux masqué par sa face de squelette, puis elle reprit, les tremblements de sa voix évincés par l’assurance qui naissait.

- Ce sont des devinettes parfaitement acceptables selon moi, elles te posent un problème ? Pourquoi les pompiers portent-ils des bretelles rouges ?

- Raaah !!

- Tu ne veux pas répondre Blaine ?

Emportée par la situation dont le vent tournait manifestement en leur faveur, Melena se permit un bond habile et amusé qui lui permit d’atterrir fesses sur le dossier d’une banquette, pieds sur le siège, avant de croiser les jambes et d’attendre la réponse stupide qui finirait par émerger des circuits surdéveloppés de l’IA. Peut-être la légèreté de son corps ensorcelé y était pour quelque chose, car le poids de la crainte semblait l’avoir quitté pour le moment, et il ne restait plus qu’à espérer que toutes les deux aient assez de questions stupides en réserve pour achever le train.

- Alors ?!

- Pour… pour tenir leurs pantalons ! STOP MAINTENANT !
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MessageSujet: Re: La Mégaloplaine.   Ven 19 Nov - 20:16

Il… avait hésité ? Jade n’en revenait toujours pas, après tout il avait bien mit une bonne seconde avant de lui répondre, chose dont il n’avait pas eut besoin pour les devinettes élaborées de Lysander. Ça paraissait tellement stupide, tellement simpliste que l’adolescente n’en revenait pas. Melena sembla faire le même raisonnement et s’en remit plus vite qu’elle, commençant à matraquer Blaine d’idioties en tout genre au point d’en faire crépiter le plafond d’électricité bleue alors que la machine se mettait à bégayer. Par instinct de survie Jay rentra la tête dans ses épaules en pâle réplique de tortue lorsque l’un d’eux manqua de mettre le feu à sa crinière brune.

Maintenant qu’elle voyait une porte de sortie toutes les conneries de cours d’école lui revenaient en masse au point de ne plus savoir par où commencer. Le temps pressant elle se décida à prendre le relai en lâchant au hasard la première devinette qui lui passerait par la tête en se triturant les mains sous le coup de la nervosité.

- Pince mi et pince moi sont sur un bateau, pince mi tombe à l’eau. Qui reste-t-il ?

- Ce n’est même pas une énigme ! Ce n’est pas digne de…

- Tu jettes l’éponge alors ? Rétorqua Jay en tentant de recouvrer son assurance.

- Jamais ! C’est… pince moi… mais ce n’est pas une…

L’américaine lui fit signe de se taire, les yeux rivés sur ses chaussures. Non pas qu’elle les trouve foncièrement captivantes, mais elle avait l’impression que le sol vibrait de plus en plus, tout comme la voix aux accents métalliques du monorail se faisait hachée et aigue. La chaleur dans le wagon était montée d’un cran comme si leurs idioties provoquaient une surchauffe de l’ordinateur. A ce rythme il ne tarderait pas à avoir les circuits grillés, il fallait tenir bon.

- Y’a un gars qui s’appelle Pétrolane et il saute du haut d’un immeuble, mais ses cheveux tombent deux heures après lui. Pourquoi ?

L’attente fut cette fois ci plus longue, si longue qu’elle cru que Blaine ne répondrait jamais. La machine finit néanmoins par répondre après qu’un son strident ne se soit échappé des hauts parleurs.

- Pa… parce que Pétrolane ralentit la chute des cheveux ! C’est un jeu de mot stupide indigne de notre défi ! Je ne répondrais pas à d’autres questions de ce genre !

La panique transparaissait dans la voie du monorail alors que même les lumières des plafonniers se mettaient à clignoter en vague parodie du bégayement du train. Sentant la fin que prendrait cette affaire Jade referma ses mains sur le tissu écarlate de la banquette sur laquelle elle se tenait en espérant du plus profond de son âme qu’elle ne volerait pas à travers l’habitacle en cas d’accident. Si l’AI rendait l’âme trop proche de leur point d’arrivée ils risquaient de s’écraser au bout, qu’ils l’aient collé ou non.

- Tu vas pourtant devoir, à moins de t’avouer vaincu tout de suite ! D’ailleurs… Qu’est-ce qui est rouge avec une cape ?

- … je… ce n’est… non… incorrect… ce ne peux… su… super tomate ? Je… c’est si… si…

- Et qu’est-ce qui est jaune avec une cape ?

- Stop ! Il suffit ! Je… super… super banane ? Non… il y a err…

- Faux ! Exulta Jay en se levant, oubliant toute prudence, C’est une banane qui se prend pour super tomate !
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La Mégaloplaine.

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