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 Une petite musique d'ascenseur

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MessageSujet: Une petite musique d'ascenseur   Lun 16 Fév - 21:09

- Son nom est Benjamin Sanson, il a rendez vous avec le docteur Parkinson. Il a prit ses médicaments normalement il devrait être sage. Ne lui adressez pas la parole, ne le regardez pas, il pourrait se sentir influencer…

Benjamin Sanson, 28 ans, résident à Paris jusqu’à ses 24 ans, conduit à Los Angeles pour voir le docteur miracle. C’était lui, le grand gaillard assis dans la sale d’attente aseptisée ou pleurnichait dans un coin une pauvre fille mal habillée. Ce genre de personne l’agaçait mais il sentait peser sur sa nuque le regard autoritaire de son pitbull. Le pitbull était en fait l’infirmier qui le maternait comme s’ il avait trois ans et qu’il était incapable de penser par lui-même. Mais dans la mesure où l’homme dépassait les deux mètres et les cent cinquante kilos, Benjamin jouait la carte de la sagesse. De plus ce type était tragiquement incorruptible et indifférent à toute ses tentatives de manipulations. Sa vie lui semblait pour l’heure bien pitoyable. Cependant tout cela ne l’occupait pas outre mesure. Pour lui, les évènements filaient et défilaient sans qu’il ne s’en inquiète. Bien qu’il s’agissait de sa vie, Benjamin se comportait en pur spectateur. Comme si le corps et l’esprit étaient chez lui deux entités bien différentes.

Son regard noisette était braqué sur la pleureuse. C’était plus fort que lui, il voulait qu’elle se taise. S’obligeant à l’oublier, il laissa ses penser dériver vers l’étude de la salle d’attente. L’infirmier c’était posté dans un coins et l’observait avec véhémence. La secrétaire tapait frénétiquement sur son clavier et le bruit de ses ongles contre les touches était assez agaçant. Son chignon était fatigué et des cernes étaient visibles sous ses petits lunettes noires. 30 ans ? 35… ou même 40 ! Cette femme semblait si fatiguée de sa propre existence qu’il était impossible de lui donner un âge. Le pitbull toujours dans le coins, des chaises en plastiques pour les patients. Très inconfortables d’ailleurs ! La gamine pleurant toujours… les fenêtres, le palmier en plastique, une petite table au centre avec des magasines posés en vrac. Il y avait quelque chose, quelque chose d’autre qui l’irritait vraiment et lui faisait grincer des dents. Benjamin avait horreur de grincer des dents, mais quand son stress montait il le faisait inconsciemment.

* Concentre toi sur quelque chose Benjamin, n’importe quoi…*

Le bout de ses chaussures lui sembla soudain un point essentiel de sa vie. Sortant un mouchoir de sa veste, il se déchaussa et entreprit d’enlever la trace de poussière qui salissait le noir profond de ses souliers. La secrétaire s’arrêta soudain de taper et en dehors de l’autre qui reniflait, on n’entendait plus un bruit dans la petite salle. Plus un bruit mais… une musique, toute petite musique, très légère musique d’ascenseur. Vous savez comme moi à quel point certaines musiques d’ascenseur peuvent paraître empruntées à divers films pour adultes consentants… Ce qui le dérangeait, c’était l’érotisme de cette musique tranchant nettement avec la froideur du lieu et la situation grotesque dans laquelle il se trouvait… Les choses ne fonctionnaient pas comme sa logique le lui ordonnait et cela le vexait profondément. D’autre part il ne pouvait rien dire car à la moindre remarque l’infirmier aurait fait des siennes. Non pas que cela le dérangeait, mais la pleureuse risquait de se mettre à hurler et elle faisait déjà bien assez de bruit comme ça ! Observant son mouchoir un instant, il le garda en main et en sortit un deuxième de sa poche. Se redressant ,il se leva et s’approcha de la fillette en larme. L’infirmier se tendit mais Benjamin lui adressa un regard d’excuse qui calma le malabar. Enfin, il offrit le mouchoir à la patiente. Celle-ci le remercia d’un sourire mais se figea en posant les yeux sur le jeune homme. Il avait un sourire cruel, mesquin et ses yeux brillaient de moqueries non dissimulé…


- Silence maintenant…
- Ben va t’ assoir…

Haussant les épaules, Benjamin rejoignit sa place et resta un long moment à fixer la fille. Les sanglots s’étaient apaisé et son regard était résolument braqué sur ses chaussures. Le jeune homme sentait la peur et la honte de la patiente, il sentait l’apaisement en lui. Maintenant il pouvait fermer les yeux et imaginer ce qu’il voulait sur cette langoureuse et idiote de musique. De toute manière tout cela n’avait pas d’importance, rien n’avait d’importance. Le pitbull ne le lâcherait plus, tant pis. Dérivant vers des songes lointains d’abondance et de luxure, il oublia où il se trouvait et ouvrit les portes de son esprit à de plus agréables pensées…


- Benjamin Sanson…

A oui c’est le docteur… il avait presque finit par l’oublier celui là !
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Dr. Parkinson
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MessageSujet: Re: Une petite musique d'ascenseur   Ven 20 Fév - 15:21

Encore une dur journée de boulot, après une autre bien remplie. Il avait eu tellement de consultations qu'il avait dû faire l'objectif annuel en quatre mois à peine. *Je devrait prendre une ou deux semaine de congé moi ! Où je pourrais emmener Jodie... Thaïlande, Cambodge, France ou en Crête ?* Il cherchait un lieu de voyage pour s'y ressourcer avec sa femme, tout en finissant le café immonde de la stagiaire. Un jus de pieds aurait été plus savoureux. Mais en même temps, ce n'est pas le boulot d'une étudiante en psy de faire le café. Le café, on se le fait faire, ce n'est pas pour rien...

Il ouvrit son carnet de rendez-vous chargé pour y lire le nom du patient suivant. Sanson, un nom annoté d'un commentaire et d'un symbole, celui des patients à risque. Ce genre de personne méritaient une méfiance à tous les échelons. Fourbe, manipulateur, et pas une once de culpabilité pour relever le tout, c'était ça. Le docteur alluma un petit poste cd pour se détendre avant la consultation. Une chanson lascive d'un chanteur français, Francis Cabrel, faisait évacuer les tensions nerveuses des méandres de son cerveau.

...

"Monsieur Sanson, s'il vous plait."

Parkinson invita son patient à s'asseoir, et à parler. Qui était-il, son passé, son enfance, ses actes et ce qu'il en pensait de tout cela. Il se révéla être une personne, comme attendu, fermée et dangereuse. Un moyen à la mode de le soigner sans trop s'exposer...

"Connaissez-vous l'hypnose ?"

La suite fut rapide et traditionnelle. Allongé dans le dortoir, Benjamin suivit le pendule des yeux pour qu'à trois, la voix chaude et lourde du docteur ne deviennent qu'un murmure réconfortant, comme une berceuse menant vers... un autre monde.
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Une petite musique d'ascenseur

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